28/03/2011

ATOMIQUE

Sortir du nucléaire, YES !!!. C'est ainsi que l'on s'exprime sur Facebook ainsi qu'ailleurs de gauche à droite et vice-versa. J'aime, j'aime plus... bref, si Facebook ne m'a pas encore "tuer", le réseau social où tout le monde est gentil est particulièrement chronophage et peu nuancé.

Le contraire de l'enquête de Temps présent sur le nucléaire suisse. Le journaliste Romain Miranda rencontre ses interlocuteurs avec sa tablette iPad. Sur la forme, bon travail d'investigation, qui nous change des docu-fictions au montage trop lissé, trop mâché...

Sur le fond, le documentaire a su montrer les enjeux d'un problème complexe: centralisation, indépendance énérgétique, rapport entre investissements publics et privés, etc. A relever, à un moment où le débat pro ou anti-atome devient quasi religieux.

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Photos d'Aleix Plademunt pour la série Espectadores. De renommée internationale, le photographe catalan est né à Gérone en 1980. 

28/12/2010

A mon fils qui regarde trop la TSR

et qui ne manque jamais les Coups de coeur d'Alain Morisod. Je n'ai rien contre lui, l'artiste, bien au contraire. Et tout juste un léger différend avec mon fils qui désirait me voir partir en croisière avec Morisod plutôt que vers d'autres horizons plus prometteurs.

Rien non plus contre la TSR à qui je continue à verser mon obole ( désormais en annuités ce qui se traduit par un léger supplément dorénavant au profit des programmes de notre télévision). Par contre, je redoute la convergence. D'abord, je trouve le mot obscène! Ensuite, " la TSR est la seule administration qui dispose de sa propre télévision". Bertrand Duboux dixit. Homme heureux qui n'a pas connu la RTS...

Parce qu'avec la RTS et la montée en gamme des organigrammes, certains risqueraient de se faire très mal s'ils venaient à tomber de la hauteur de leur ego.

Il est vrai que la principe de Peter, selon lequel vous seriez propulsé à votre niveau d'incompétence, n'a jamais été vérifié scientifiquement à ce jour.

Passons, puisque je m'adresse à mon fils ainsi qu'à quelques autres qui ne connaîtraient pas encore la zappette.

Agoravox vous gratifie d'un brin de légèreté sous le titre de dérapage sexy en Argentine. On nous dit que Berlusconi en a rêvé, mais je ne pense pas qu'il l'aurait fait: pas assez macho à son goût avec ce renversement de rôle entre genre...

En bon Vaudois, je vous dis: "C'est du joli !" (et même du très joli).


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09/12/2010

Ah! Godard...

godard2010.jpgIl paraît que c'est ce que l'on dit à l'issue d'une projection d'une oeuvre du réalisateur franco-suisse...

Si vous avez zappé l'interview de Godard, à l'issue de la projection de Film Socialisme à la TSR, vous avez sans doute adoré l'élection de Calmy-Rey (une autre histoire où les personnages n'ont pas le temps d'exister, avec les Illusions perdues de Balzac chez Godard et celles de Levrat dans l'actu).

En ce qui concerne l'interview exclusive, programmée à une heure très propice à l'endormissement, elle nous a été présentée sous la forme d'un pastiche godardien loin du meilleur aloi. N'est pas Godard qui veut!

En vingt minutes sur le vénérable Rollois, on a quand même appris deux ou trois choses.

JLG travaille. Il prépare un nouveau film, il est en train de le monter et ce cinéma s'appellerait Adieu au langage. Nous verrons le film, s'il est distribué en Suisse, ce qui n'est pas sûr du tout...

On a plus parlé d'argent, notamment de ce Prix du Design qui vient de lui être décerné à Zurich et qui lui permettra de s'acquitter de ses impôts vaudois, commes nous autres.

A ce propos, j'ai retenu dans le Film socialisme cette citation sur l'argent qui "a été inventé pour que les hommes se parlent sans se regarder dans les yeux".

Assez bien vu; on ne peut qu'y adhérer. Pas à l'argent, mais à d'autres envies.

JLG espère continuer à avoir de bons rapports affectifs avec son amie Anne-Marie (Miéville), avoir la force de promener un chien. "Voilà mes deux trucs. Le prochain film vient après..."

Joli programme de crise. Pour sûr, "si le Canton de Vaud était français, nous aurions accès à la mer."

Je suis prêt à le suivre. Même si je n'ai pas d'animal, je m'efforce de promener mes affects et d'entretenir de bons rapports avec la personne qui d'ordinaire me sert un café.                ça me va (Elle a du chien, comme on dit un peu trop vulgairement, et même du pedigree et surtout une belle vitalité).

L'ntégrale de l'interview PAROLE de Godard sur le site de la TSR:    http://www.tsr.ch/video/info/2774120-parole-de-godard.htm...

 

15/11/2010

Quand le couperet ne tient qu'à un fil

sur la guillotine que Bernard Rappaz s'est infligée, il y lieu d'agir. Et quand les médias tartinent, je ne vais pas en rajouter une couche. N'empêche...

Je ne suis ni médecin ni Valaisan ni juge, mais cette "auto-condamnation à mort", comme j'ai pu le lire, me révulse.

Citation: "Pour certains hommes, plus nombreux qu'on ne croit, savoir ce qu'est réellement la peine de mort et ne pouvoir empêcher qu'elle s'applique, est physiquement insupportable." Albert Camus, REFLEXIONS SUR LA GUILLOTINE, 1957 qui conclut ainsi. " Ni dans le coeur des individus ni dans les moeurs des sociétés, il n'y aura de paix durable tant que la mort ne sera pas mise hors la loi."

Rappaz doit pouvoir assister à son procès. Quant à la volonté à obtenir la justice à tout prix ou à  faire  sa propre justice, elle est hélas courante chez nos contemporains. On vient de le voir  encore dans une ferme neuchâteloise mise à feu. „Fiat iustitia, et pereat mundus“, traduit librement: „je dois obtenir raison, quitte à tout démolir".

Alors agissons! Dans le sens de la lettre de l'ancienne Conseillère nationale Anne-Catherine Menétrey-Savary, que l'on peut lire ici:

http://www.rielle.info/lettreacms.pdf

Outre les arguments invoqués, pensons à la jeunesse et à la prévention (cannabis). On ne doit pas faire de Rappaz un martyr et un symbole de libération.... Ce serait une tache sur la Suisse. Voyez déjà la couverture de Vigousse.

 vigousse.jpg

Enfin sur le plan humain, je tiens à reproduire, à l'attention des Députés valaisans, ces lignes quelque peu perdues dans le blog de Pacha K Mac:

"Chère Zakia, Bernard Rappaz a commis pas mal d'infractions à la loi. Cela est dû en partie à sa gestion bordélique des affaires. Certains le trouvent sympathique et touchant. D'autres le détestent et le trouve antipathique, filou, non respectueux des codes de la vie en communauté. Cet homme a bien des défauts. Mais une de ses qualités essentielles est sa résistance au politiquement correct, résistance qui l'a amené à l'impasse actuelle.

Tu ne connais peut-être pas grand-chose du parcours de cet homme. C'est pourquoi tu as eu un jugement un peu simpliste de la situation. On peut aussi rester simple de pensée, sans orgueil et humble, quand on regarde la complexité de la situation pour cet homme et arriver à d'autres
conclusions que celles du pouce dirigé vers la bas pour signifier la mort à cet homme dans les arènes de notre empire romain moderne.

Je te laisse à la réflexion d'un seul écrit de cet homme qui pourrait être l'écrit qui le reconnaît dans son rôle de père et d'être humain. Tu ne sais peut-être pas qu'il a perdu son fils âgé de 3 ans dans un accident de tracteur qu'il conduisait lui-même. Voici ses mots laissés lors d'un congrès sur les accidents de tracteur, très forts et très actuels:

"L'agriculteur chanvrier avait fait la une des journaux au début du mois d'avril 2004, suite au drame atroce qui avait coûté la vie à son fils Dorian, âgé de 3 ans, broyé par la machine accouplée au tracteur de son père.Bernard Rappaz relate encore une fois l'horrible accident pour inciter les gens à la prudence. « J'espère que la mort de mon enfant servira à quelque chose. » Il s'arrête, s'excuse. Il n'est pas sûr d'arriver au bout de son récit douloureux. Mais il poursuit courageusement: « Comme beaucoup de mes collègues, j'étais fier d'avoir mon fils avec moi. La première fois, je l'ai pris sur mes genoux, et puis, petit à petit, je lui ai laissé un peu plus de liberté, et puis ... »Et puis arrive ce jour maudit où le petit, « juché » sur le garde-boue gauche du tracteur, chute dans le girobroyeur du véhicule. Et c'est le drame avec son cortège de larmes, de culpabilité et de questions. Un an après, la douleur est toujours là, pesante, oppressante. Mais la vie tente de reprendre peu à peu le dessus: « Il le faut, surtout pour Vanessa ? 7 ans ? qui me tient la main ... »Et puis d'ajouter: « Mais mon année de deuil ne se terminera véritablement qu'à ma mort. » Malgré cette déchirure, Bernard Rappaz est là pour crier au respect de la vie: « Non, ni Vanessa ni aucun autre enfant ne remonteront sur un tracteur avec moi".

archives Le Matin 04.05.2005

Si la mort de Dorian pourrait servir cette fois à sauver son propre père, quel miracle de Dieu pour nous tous humains!

Voilà. Il faut lire et relire ce passage devant les gens, devant nous tous, Romands, et demander à celles et ceux qui le peuvent de sauver cet homme pendant qu'il est encore temps de le faire."

Assez révélateur. Si  Bernard Rappaz n'a rien à perdre, à l'instar du dr JC Rielle, pensons à sa fille qui après avoir perdu son frère, risque de perdre son père.

 Enfin, sur les progrès de la justice et les redresseurs de torts, je ne peux m'empêcher de penser à la nouvelle de Kleist Michael Kohlhaas qui se fonde sur des faits réels du XVIIe siècle. Une histoire de chevaux séquestrés (Rappen) qui se finit plutôt mal malgré les multiples interventions des pouvoirs. Quelqu'un a tenté de simplifier les faits de ce bref récit dans un schéma qui peut faire songer à... la complexité de notre système juridique et fédéraliste actuel!

Make it simple !

Personendiagramm_Michael_Kohlhaas_(Kleist).png

 (wikipedia.de)

 

20/02/2009

Sur le "passé trouble" de Payerne City

cathVD 002_edited.jpgLe crime nazi relaté par Chessex réapparait sur le blog de J-M. Olivier ainsi que sous la plume de Jean-Louis Kuffer. Règlement de comptes ou curieux combat de chefs. Après quelques décervelés critiquant un livre qu'ils ne liront jamais, il semblerait qu'on puisse  désormais laisser planer le doute sur un prétendu plagiat de notre glorieux auteur.

Un Juif pour l'exemple n'est sans doute pas som meilleur livre. A la suite de Jankélévitch, l'auteur le reconnaìt (page 70): "J'ai honte..."

Enfin, "on apprend" que Jacques Pilet a commis un livre éponyme sur le même sujet en 1977. 32 ans après la fin de la guerre. La TSR va maintenant rediffuser l'admirable film d'Yvan Dalain (et de J.Pilet). Le succès médiatique de l'ouvrage paru chez Grasset (32 ans après !) y est sans doute pour quelque chose.

Jacques Chessex s'est exprimé ainsi sur le travail de l'autre Jacques: "À aucun moment du livre, ni du Temps présent de l’époque d’ailleurs, on ne comprend que ce crime dépasse Payerne et qu’il s’agit vraiment du début d’Auschwitz. »

Affaire de génération! C'est oublier le contexte. Souvenez-vous du Chagrin et la Pitié film fleuve du début des années 70 montrant Clermont-Ferrand sous l'Occupation. Produit par Charles-Henri Favrod, financé principalement par... Georges Simenon!, l'oeuvre décriée que l'on tenta de couler devint un immense succès en France. Ce qui n'empêcha pas son producteur de découvrir une hargne absolument épouvantable et de devoir affronter un âpre moment de sa vie en tant que témoin de l'Histoire. *

D'accord avec Pilet, le devoir de mémoire doit se faire "dans les têtes", devoir permanent donc. Il faut par conséquent saluer l'exposition actuelle des élèves de David Bonny Auschwitz - la fin du voyage. Edifiante et visible les dimanches (10 à17h) et les jeudis (16h30-19h) au Gymnase de Payerne. Fruit d'un voyage d'étude, la rencontre entre cette expo, visible jusqu'au 7 mars, et un "bestseller" est purement fortuite!

Enfin, pour donner suite (d'ici 2041, dans 32 ans!) à l'idée première de Chessex, on peut rappeler aux édiles de Payerne que le lieu du crime a été transformé en parking et que les immeubles attenants ont été rachetés par la commune "". La possibilté d'y créer un Jardin du Souvenir, de la Paix ou de la Réconciliation (Wiedergutmachung) ne s'efface pas d'un coup de balai!  

* Patrick Ferla, La Mémoire du regard Charles-Henri Favrod , Favre 1977

** parcelles 231 (le jardin des deux Jacques?), 232, 233 !

 

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22:31 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : payerne, chessex, tsr | |  Facebook |