25/09/2009

La dernière page du journal est arrivée

Parole de chanoine dans une cathédrale bien trop petite pour un géant. "La dernière page du journal est arrivée" pour Roger de Diesbach, journaliste debout "au balcon du monde".

Lui qui répétait souvent qu'un journaliste était un chargé de transparence envers son public. Le public le lui a bien rendu dans cette vive émotion qui transparaissait bien au-delà des portes de la cathédrale Saint Nicolas de Fribourg.

On ne compte plus les témoignages élogieux de consoeurs et de confrères dont il fut souvent l'exemple et le formateur. Le journalisme d'investigation répond à un besoin fondamental. C'est ce que j'ai pu ressentir devant l'émotion collective comme dans ces lignes du blog de soeur Claire-Marie:

Sa passion de justice, et l’élan pour rechercher la vérité, bloquait, pour quelques précieux moments, la maladie et la souffrance. Seul le silence du mystère de l’être humain pouvait répondre à sa volonté « to burn on till you burn out ! » Pour un monde plus humain !

 Par l'ironie du sort, nos derniers hommages à RdD ont été rendus un jour avant la disparition d'un journal gratuit. Rapprochement futile certainement. Il y juste un an, RdD  menait, avec un humour certain, la polémique "survivre face aux gratuits?". L'enjeu était ailleurs, au-delà de la crise et des impératifs économiques. Un épiphénomène en somme, quand il s'agit de hiérarchiser et de valider l'information.

Information payante dans tous les sens du terme. Lors d'une rencontre de RdD, j'ai saisi immédiatement sa méthode de travail empreinte de loyauté et la solidité de ces dossiers. Une vieille affaire, évoquée en quelques lignes dans son bouquin. Grâce à son réseau, il avait découvert un trafic international louche qui fera la une du Journal de Genève. Article qui donnera du travail à quelques juristes de la Confédération, je passe sur les détails, et qui au final, rapportera près de trente millions à notre AVS par l'entremise de la Régie des alcools.

Une question d'alcools frelatés en somme. Et comme le hasard fait parfois bien les choses, je viens  d'avoir confimation (plus exactement l'aveu) que Roger de Diesbach était bien le découvreur du pot aux roses. Malgré les réticences de l'autorité, Roger avait insisté pour publier son article. Par seul souci de vérité.

A propos vérité, cette histoire me semble révélatrice, confirmant l'assertion que les managers et dirigeants de tous bords (et sans doute tout un chacun) ignorent le 90% des choses qu'ils devraient savoir!

La presse d'investigation a de l'avenir. Et ça, ça doit se savoir!

Merci Roger !

RdD.jpg
(Keystone /TSR)

 

02:15 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : roger de diesbach | |  Facebook |