16/03/2010

TOUS LES MÈMES

"Les jeunes se veulent plus vieux, les vieux plus jeunes...

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Et il y a ceux qui ne savent pas ce qu'ils se veulent. Qui attendent. Qui tuent le temps. En attendant le prochain train.

Quoi de plus beau qu'une salle d'attente dans une gare? Le seul endroit où il est encore loisible de tuer le temps sans mauvaise conscience.

Parce que le temps finit par nous tuer.   ... et tous meurent de ne pas avoir été."

L'aphorisme de Karl Kraus. A l'intérieur de la gare, la salle est déjà pleine d'attentes. Fort diverses, le pluriel devrait l'emporter!

Matérielles et immatérielles. Celle de "mener un grand train" n'est sans doute pas la plus grande expectative; dans un sens plus large,

nos trains sont déjà tous des trains de vie. A une époque qui se dit matérialiste, les CFF seraient bien inspirés de graver dans chaque

gare cette maxime de Paul Morand: "Il y a moins de bénéfices à espérer d'un billet de loterie que d'un billet de chemin de fer."

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Comme je ne joue jamais à la loterie, je fais les cent pas autour de la gare de Sierre jusqu'à cette autre salle d'attente nouvelle
et inoccupée qui doit être celle du contrôle des habitants du lieu. Jolies chaises,  petite table en plexi et sur la table quelques dépliants.
Les dépliants étant faits pour être dépliés, je prélève le prospectus après en avoir lu le titre:
même intérieur

09/01/2009

Payerne brûle-t-il?

Certes non! On pouvait y croire en écoutant la revue de presse de la radio ce matin. Ville divisée, colère des habitants contre Jacques Chessex qui se serait mis à dos tous les habitants. Ville anéantie sous le feu destructeur d'une très mauvaise image, on se serait cru en plein état d'urgence. 

D'abord, le dernier livre de Chessex Un Juif pour l'exemple est tout sauf un brûlot. En aucun cas. En restant dans les inimitiés et l'ignorance, vous pourrez toujours dire que l'écrivain n'est qu'un nombriliste prétentieux écrivant pour sa propre gloire et on laissera braire.

24Heures de ce vendredi revient  sur cette affaire de 1942 sous le titre du "martyre de Payerne" où les guillemets sont de mise. Dans l'édition de samedi 3 janvier, le long article de Phillipe Dubath sur ce livre  à venir qui "a tout pour déplaire" pouvait commencer à instiller l'effroi. Citant l'archiviste de Payerne, fidèle lecteur de l'écrivain: "le drame, c'est que Jacques Chessex écrit trop bien, alors on le lit de toute façon." Formule que l'on peut raccourcir: Chessex décrit (trop?) bien le drame.

Il décrit les circonstances économiques et sociales, bien plus étendues que celle du district broyard, ayant pu conduire à un acte de folie. Les faits sont connus. Meurtre d'un honnête commerçant en plein jour, cadavre dépecé et mis dans trois boilles à lait que l'on jette au lac séance tenante.

J'ai lu le livre. Chessex cite des noms. Livre introuvable à Payerne. Je confirme ce que vous avez pu lire dans votre journal. Je me suis rendu à plusieurs reprises dans la librairie en soussol. Il fallait réserver, comme la dame sans doute intéressée à un événement ayant marqué sa jeunesse. Je n'ai pas réservé. Réserver, laisser mon nom pour un ouvrage qui serait d'emblée destiné à l'enfer des bibliothèques? Réserver un succès de rentrée littéraire, à cause d'un libraire timoré (on ne va quand même pas en prendre trop, tant qu'on n'a pas vendu le dernier du dernier Bürki?).

La solution du problème se trouvait dans le livre (page 14)! J'ai trouvé le petit ouvrage aux Galeries Vaudoises de Jean Bladt. Elles se prénomment  aujourd'hui Manor et monsieur Bladt s'y rend encore!

Quant à voir une place Arthur-Bloch à Payerne, ce n'est pas demain la veille! La Broye est attachée à la tradition des rues blagueuses du style Allée du Clos-des-Lilas ou Impasse des Pâquerettes. Et la place de la Concorde pourrait fort rester la place de l'Indifférence.

Reste le syndic de Payerne qui trouve que le jacquette du livre n'était pas assez riante. Il aura un problème, d'urbanisme. Sous les toits qui se déglinguent, les faits sont tenaces. De singuliers relents de guillotine trainent dans la ruelle à Thomas.

Enfin, l'avis de Christelle Luisier, mère de famille et accessoirement présidente des radicaux vaudois, " nous avons un devoir de mémoire avec cette histoire" ne pourra être écarté. Il étaye les arguments d'un écrivain que l'on pourra encore entendre sur la RSR, dimanche à 17 heures. 

blancherie 005_edited.jpgMme Luisier, 16.10.2008, à la Blancherie, Gymnase intercantonal. Lieu de mémoire aussi?