15/01/2014

Au revoir là-haut

Le Goncourt, c'est fait! Le livre de Pierre Lemaître, c'est du lourd, dans tous les sens du terme. La mise en place de l'intrigue est assez longue, voire ennuyeuse à l'image des attentes absurdes des poilus dans les tranchées de 14-18. Des enterrés vivants vont tenter de prendre leur revanche. Les geules cassées, ça vous dit quelque chose? Au fil des inhumations et des exhumations rocambolesques, il faut s'accrocher... (Je n'ai pu m'empêcher de penser aux Pieds Nickelés découverts dans ma prime jeunesse.)

Lemaître sait écrire en maîtrisant avec art le roman noir. Dès lors, on a hâte de découvrir le dénouement! 566 pages de lourd, c'est pas vraiment dans la mouvance des textos actuels. Le bouquin pèse plus de 600 grammes (plus que l'Etre et le Néant de Sartre, livre dont Raymond Aaron avait dit qu'il avait obtenu tant de succès à la Libération parce que les bouchers, devant la pénurie de fer, l'utilisaient pour peser leurs rôtis).

Le Goncourt 2013 doit sans doute son succès au savant mélange entre réalité et fiction, documenté dans l'épilogue ou making of. Rappelons donc que le titre reprend la fin de la  dernière lettre de Jean Blanchard à son épouse. Il sera fusillé le lendemain, 4 décembre 1914, avec des camarades, pour prétendu abandon de poste   et pour l'exemple. Ces soldats seront réhabilités après des années de longs procès; les officiers ne seront pas inquiétés.

Si les ouvrages épais vous rebutent, la BD de Tardi  Putain de Guerre vous donnera une image du carnage. Egalement de quoi  voir avec un autre oeil les Monuments aux Morts et même la tombe du Soldat inconnu.

La Grande Guerre n'est pas finie (ne serait-ce  parce qu'elle fut à l'origine du fascisme et de la Seconde). Entre l'attentat de Sarajevo et la grippe espagnole, elle est singulièrement zappée dans les programmes d'enseignement.

Entre 10 000 et 14 000 Suisses se sont engagés volontairement dans l'Armée française dès le début des hostilités.

 Livre puissant faisant l'unanimité de la critique. Il y en a qui en veulent encore... Une citation de la ( première) Dame de France, mal à propos dans l'actualité, je le concède:

 "Ce livre-là, c’est certain, marquera l’histoire de la littérature. Il aurait pu compter 1000 pages supplémentaires que nous en redemanderions encore. Magnifique. »
Valérie Trierweiler, Paris-Match

Pardonnez.moi !