11/05/2009

Du dérèglement du monde et de l'ivresse ponctuelle

veniVidy 009_edited.jpgVous avez lu sur ces blogs de 24 Heures,  la dernière note de JLK et vous étiez peut-être dans la salle comble de Vidy, public très fourni donnant tout son sens au terme de Grand Débat.  Quand Amin Maalouf aborde Le Dérèglement du monde (Grasset), nous sommes tous concernés. Continuons de "caresser nos utopies, c'est ce qui nous fait vivre."

Pari pour un suicide différé. J'aime le titre de la note de monsieur Kuffer. Et, s'il me lit, je lui saurais gré de corriger le lapsus de la première ligne. Nous ne sommes plus au XXe siècle, ce que personnellement je regrette aussi. Et si nous étions au crépuscule de la préhistoire, ainsi que le suggère Amin Maalouf? Afin d'éviter tout sentiment de nostalgie.

Désarroi encore de cette jeune personne constatant que jamais nous n'avons autant voyagé, autant écouté les musiques du monde, autant été informés sur les déboires de ce monde et qui, pourtant, ne faisons que consommer. Consûmer?

Elle n'a pas tort.

La grande consommation me ramène à mon monologue sur l'alcool. Sans intention ou prétention d'amener de l'eau au moulin de la prévention. Mais une demi-verité, c'est aussi triste qu'un verre à moitié vide. Je dois rendre compte de mes observations sur les ivresses ponctuelles (terme retenu pour désigner les défonces du samedi soir). Ponctuelles aussi ces ivresses qui portent sur un détail dans le cadre d'une fête villageoise. A vue de nez,  moins d'un dixième de la jeunesse festive et certainement beaucoup moins que ceux qui s'amusaient différemment.

Je n'ai pas terminé mon billet...  J'avais l'intention de parler de la réduction des risques et j'y reviendrai. Mes observations se fondent sur un village de 1700 habitants. Dans quelques semaines s'y déroulera le Giron des Sociétés de Jeunesse de la Broye, un méga truc avec un budget qui, proportionnellement, dépasse celui des Jeux olympiques.

Je viens de lire la chronique de Jacques Poget qui relate le désappointement à l'issue de la conférence de Maalouf. Le bricolage de l'assurance maladie donne effectivement le vertige et le sentiment d'aller droit contre le mur. Idem pour la question du jour de 24 Heures. Elle atteste de notre comportement schizo: soins palliatifs et acharnement thérapeutique vont de pair; ce n'est pas uniquement un problème de coûts en fin de vie mais un désir de puissance qui s'inscrit dès le plus jeune âge.

Comment revenir à la responsabilité individuelle? Je reviens à ce qui devait être l'essence de mon billet: l'alcool. Retarder le plus possible l'âge d'accès aux boissons enivrantes. Et à l'autre bout du parcours du combattant, si affinités: les Alcooliques Anonymes!

Une autre manière de parler de l'alcool, entièrement basée sur la responsabilité de chaque personne manifestant le désir d'arrêter de boire. Un exemple de l'apprentissage d'une nouvelle "langue de coeur que toute personne devrait avoir", réflexion émise par Maalouf!

 Bien entendu, j'assume cet amalgame qui n'étais pas dans le propos de Maalouf. Les personnes addictes sont néanmoins souvent les premières victimes de notre intranquillité générale...

04/05/2009

Jeunesse, alcool et autres potions

jeunesseCor 034.jpgFête villageoise. Elle dure quatre jours, voire plus si entente, et l'alcool y coule à flots. Les bals ou mieux vu, les bars du samedi attirent une jeunesse venue de loin à la ronde. Un groupe se forme autour d'un jeune éméché qui vient d'être trempé dans la fontaine et qui,nonobstant peine à retrouver ses esprits.

C'est à ce moment qu'un hurluberlu me photographie avec son gros appareil. Il m'explique qu'il réalise un projet dans le cadre de l'ECAL dont la thème est... les vieux dans les Fêtes de Jeunesse! De se retrouver de l'autre côté du miroir, ça tombe bien pour moi qui vient de décider d'arrêter la photo.

Des vieux, ou des adultes, il n'y en a guère. Elle leur comportement n'est guère adapté par rapport à la scène à laquelle je viens d'assister. Une dame appelle la police et attend vainement sa venue... Il s'avère qu'elle connaît le jeune puisque elle proposera de le ramener pour qu'il puisse se changer (avant de revenir faire la fête?).

A l'écart de la fête, une jeunette, moins de 14 ans, accompagnée de deux fillettes. Je l'entends dire "on y va!". Elle sort de son sac un flacon qu'elle vide d'un trait avant de l'abandonner à terre. Un demi-litre d'amaretto 17% vol. C'est moi qui reste "estomaqué"... On me dira ensuite que c'est vachement bon mélangé avec du bovidé rouge. Je découvrirai d'autres flacons étrangers à l'assortiment proposé par la société de Jeunesse. La nuit sera longue et les défonces vont se succéder. Je crains le pire en matière de binge drinking.

Ma nana beaucoup trop jeune a utilisé l'alcool comme une arme, pour se donner du courage, pour la transgression qui fait partie de la fête et de son élément initiatique. Même utilisation de l'alcool par quelques allumés venus pour semer le trouble. Ils sont rapidement remis à l'ordre dès leur arrivée par un service de sécurité efficace et bien rôdé. Trois types à l'aspect plus qu'imposant repèrent rapidement les points chauds.

J'ai repris ma caméra qui me force à une vision plus objective (eh oui ça sert à ça la photo!).  Beaucoup de jeunes me prennent pour le représentant de tillate. Un autre me demande si je photographie pour la radio. Indice d'un certain niveau éthylique confirmé par le temps qu'il met à me photographier avec son portable.

Discussion avec un groupe qui me déclare qu'il n'y aucun contrôle de l'âge des consommateurs. Comme on le verra, il y a bien un semblant.

Selon mon appréciation d'ensemble, hormis quelques types endormis, cela se passe en toute convivialité et socialité. Vérification d'un vieux de la vieille et de la veille: certaines jeunes filles ont joué le rôle de l'ivresse; en dépit de la légèreté de leur corps, je les retrouverai en bon état de marche le lendemain. Quant à ce contrôle, je constate qu'il fonctionne que sur une seule partie: celle où les boissons sont servies dans des verres. Et cette partie est étrangement délaissée même par les "ayants droit". Donc mesure inefficace. Beaucoup d'ambivalences que la prévention peine à cerner... Suite à des bagarres à la plage d'Yverdon, il est également interdit d'y apporter des boissons en verre. Mais ce n'est pas l'emballage qui crée l'ivresse...

Dans ma discussion, en'affirmant que c'était pire de mon temps (y avait pas que les fins de semaine), je tombe sur une incrdédulité qui me laisse sans voix. Il est vrai que nous étions moins habitués au fait que les filles fumassent et buvassent. Mais bon... Du coup, je suis prêt à mettre la faute sur les médias ou sur une surmédiatisation du phénomène. Aspect émotionnel qui recouvre d'autres problèmes. Il est vrai que les statistiques témoignent d'une augmentation des ivresses à un âge de plus en plus bas. Je connais également des études qui montrent que les jeunes qui font du clubbing ont moins de problèmes. C'est politiquement moins correct et cela ne tient pas bien entendu à l'alcool absorbé mais à la socialisation et à l'intégration parmi les pairs.

Mes images m'emportent loin des clichés réducteurs. Au lendemain d'une soirée qui s'est prolongée tard dans la nuit, les jeunes filles de mon village seraient capable de suivre une ligne droite. Et Céline vendant ses élixirs d'amour (sans alcool) après avoir rencontré son prince, elle a rencontré un vif succès auprès des garçons!

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22/05/2008

Lu

"C'est une belle liberté de disposer d'un corps et d'un esprit en état de marche. C'est même la seule liberté que peuvent se payer beaucoup de gens."

F.Paccaud, à propos de la prochaine consultation concernant la LF sur la prévention.

(LT du 21 mai)

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22:35 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prévention, ofsp | |  Facebook |