30/10/2013

Culture et revolver

Le poncif est connu: la culture, c'est comme la confiture; moins on en a, plus on l'étale !

Je ne vais pas dégainer le pistolet que je n'ai pas. Complètement désarmé, je le suis devant les nouvelles pages culturelles de mon quotidien (une double page). La confiture c'est la photographie qui s'étend sur  les deux pages.

Ainsi en ce mardi frileux, nous avons droit à 576 centimètres carrés pour un pyjama de ville "ridicool" avec en prime Rihanna et Brad Pitt(acisme). On pourrait croire qu'il s'agit d'un placement de produit. On n'y échappe pas : la diffusion de la littérature, des arts, du spectacle... passe obligatoirement par les agents de communication mâchant le travail des journalistes (réduits au chômage par l'exposition universelle et explosion de l'image)...

 

 

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Restent deux mots que deux journalistes se partagent. Un (4cm) pour Jeanne Moreau. L'autre pour Dieu et Claude-Inga Barbey, qui répondent au 021 861 04 75.

Je n'invente rien, je m'inquiète seulement. Je n'accuse personne. Difficile d'évoquer encore la diversité des médias dans un monde globalisé. Difficile de garder et de gagner des lecteurs pour un journal régional (sic) dans certaines conditions-cadre (Hum!). On économise comme on peut.

Wie sagt man "public cultivé " auf deutsch?

Condamné à faire les questions et les réponses, j'avoue mon ignorance. C'est n'est pas la Bildung qui évidemment n'a aucun rapport avec la Bild Zeitung.

Comme, je me méfie des conditions-cadre(s) des alémaniques en raison d'une différence plus profonde (mais surmontable) ; celle de la pensée linéraire du Nord et celle circulaire des latins. La première quadrillée (Kleinkarriert), la seconde restant, par opposition, problématique à maints égards.

Vieil exemple du temps où les personnes qui poinçonnaient les billets de trains s'appelaient Kondukteur outre-Sarine et contrôleur en deça. Heureux pays ayant su éviter le Zugfhürer. Quant au chef de train, il devait nous paraître peu démocratique!

05/10/2010

Une muraille de raviolis

concoctés, conditionnés, millésimés par une équipe de chômeurs jurassiens dans le cadre d'un programme d'occupation?

Comme entrée en matière, il y a mieux. Mieux aussi que les plats de rösti rances servis par les médias. Question de goût et de savoir-vivre.

Cela me ramène au fameux "dimanche noir" de 1992 rapport à un certain Espace Economique Européen et à la fracture du vote entre Latins et Alémaniques. Choqués par cette divergence, un groupe de parlementaires romands avait demandé un entretien à Jean-Rodolphe de Salis dont le contenu avait paru dans les Feuilles fédérales. Le grand sage y déclara notamment que l'expression de Röstigraben était une totale ineptie à bannir définitivement!

Assertion tranchant avec la langue de bois inhérente aux FF! Celles de 1993 n'étant pas numérisées, la citation exacte me fait défaut. Par contre, il appert que l'avis de l'historien ait eu quelque impact sur la littérature de la Berne fédérale: la fréquence des rösti tend à disparaître en langue française alors qu'en allemand... D'ailleurs, avec sa majuscule et son trêma, ce cliché éculé ne trahit pas son origine. Un tl écran de rösti constitue surtout une paresse mentale et une insulte à la démocratie et à l'opinion des minorités quelles qu'elles soient.

Et ça, ça doit se savoir!

Oyez et voyez plutôt la chronique de ce matin de Pascal Berhneim,en Suisse, quand il y a votation dimanche, lundi, c'est rösti!

http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/pascal-bernheim/?d...

P.S.: je ne suis pas puriste, mais je me demande si les majuscules attribuées aux Alémaniques et Romands sont une nouvelle manie ou si elles se conforment au Guide du typographe. A voir...

25/05/2009

Citation pour Médialogues

Malheureusement elle n'est pas nouvelle puisque nous la devons à Henri Roorda, "mort d'une effroyable crise neurasthénique" (selon la presse 127671.jpgdu moment) en novembre 1925. Le Musée Historique de Lausanne lui consacre une exposition visible jusqu'à fin juin ainsi qu'un ouvrage.

Voici cette citation:

On dit que le journal paraît parce qu'il importe d'apprendre au public

des choses intéressantes. C'est, au contraire, pour pouvoir paraître

régulièrement que le journal accorde une importance exagérée aux

choses qu'il publie... la seule chose importante pour un quotidien

n'est-elle pas de paraître tous les jours ?

 crédit: coll.BCU Lausanne

Au temps où l'on lisait un quotidien... L'espace - temps s'est rétréci, bien avant Internet. En avril 1935, Ramuz écrit dans Questions:

Or l'auto est venue, l'avion, la T.S.F. Tout le monde est voisin, tout le monde communique. le monde entier prend part chaque jour à un  grand débat où il cherche à déterminer son sort; et le monde découvre qu'il a un sort commun, qui n'est plus celui d'une patrie, ni d'une race , ni d'une langue, mais qui est celui de l'homme tout court. De sorte que telles mesures qui déjà s'appliquent en un lieu tendent avec force à s'appliquer partout, intéressant non seulement tous les pays, mais tous les ressortissants de chacun de ces pays.

 Les idées sont devenues collectives. Que peut faire l'individu? Ramuz encore:

Il ne peut certainement rien contre elles, mais il peut encore les considérer, et, les considérant, les connaître, et, en les connaissant, les aimer.

Et, plus spontanément, ainsi que je l'ai entendu dire par Alain Maillard dans son émission Médialogues:

L'information n'est pas faite seulement pour informer mais aussi pour partager !

 

 

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28/08/2008

Presse futile

 111_edited.JPGPresse futile, presse inutile. Titre de l'ouvrage de Roger de Diesbach (Slatkine 2007) dont les 470 pages m'ont accompagné cet été. Mémoires d' un " baroudeur-vagabond curieux de tout" ... aimant aller au fond de choses. Une lecture qui permet de se plonger dans une histoire récente loin d'être achevée. Que ce soit sur la frilosité de la grande multinationale veveysanne ou celle de la Grande Muette, des articles actuels montrent que le journalisme d'investigation a encore un bel avenir. Certes, l'affaire Jeanmaire, ce n'est pas celle de Roland Nef...

Le terme de baroudeur, employé par Pierre Châtel dans la préface, me semble bien imagé. Dans une course cycliste, le baroudeur est celui qui fait l'animation et l'intérêt de l'étape et qui pourtant n'en tire ni gloire ni or.

On sait de quoi est fait le nerf de la guerre. Les lignes portant sur Edipresse, l'incontournable géant (page 465) sont devenues très actuelles...

En parcourant le quotidien auquel je suis abonné, je m'étais fait d'étranges réflexions. De quoi sera-t-il fait pendant le "creux de l'été" 2009 sans les quatre, cinq pages sur l'Euro ou les JO? Avez-vous remarqué que la taille des photos, mauvais présage, augmentait au détriment du contenu rédactionnel? Quant à la publicité dans la presse écrite, elle n'a guère profité de ces événements majeurs.

Le sondage lecteurs de 24 Heures de mardi 26 août confirme mon sentiment: les charmes de Pékin et du sport n'ont pas convaincu. Nous sommes des consommateurs captifs de la radio et de la télévision (merci Billag!). La presse écrite a du mal à garder ses abonnés (merci pour les gratuits!).

Que faire? Mettre un autocollant sur ma boîte à lettres "Pas de publicité" afin de sensibiliser les annonceurs qui, au-delà d'une vision à court terme trompeuse, ont aussi une responsabilité.

"La liberté de presse, soeur de la démocratie". Deux concepts à tendance hélas obsolète. A qui la faute?

Le devoir d'information, ce n'est pas ringard!

Selon notre auteur, les journalistes sont les chargés de transparence de leurs lecteurs.

RolleiiOne 022_edited.jpg Fribourg, 4 juin 2008

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26/05/2008

Corcelles fait son cinéma

2035707923.jpgLorsqu'un village, à des lieues de Cannes, se lance dans un long-métrage, le pire est à craindre. Bien loin de là, on a pu voir de véritables morceaux d'anthologie du cinéma, tel la véritable histoire du naufrage du Titanic ou le clin d'oeil à un Beethoven "tellement sourd qu'il se prenait pour un peintre"...

Le pire a été frôlé parfois, ainsi dans l'épisode relatant l'invention d'un soda (dont la recette a été reprise dans votre quotidien préféré!). Mais cette séquence à relents scatologiques sur ce que je préfère nommer le Corça-Cola avait sans doute sa place: la date retenue pour la célébration du bicentenaire coïncidant avec celle de la première cuvée du vignoble de Corcelles! Et, peu importe le flacon... Le spectacle a fait le ravissement de la centaine de figurants et des habitants.

La méfiance du paysan envers le progrès est devenu un poncif. Ce film muet mérite cependant une lecture au second degré au niveau de l'image. A l'heure où la TV nous arrose quotidiennement de "faits avérés et historiques", cette oeuvre sans prétention, sinon d'être prétexte à fête, devient à son tour un document historique ou critique sur la manière dont le commun des mortels appréhende la masse des informations sur le cours de la planète. En d'autres termes: un témoignage anthropologique qui interroge les faiseurs d'images de tous bords!

1976456690.jpg

 

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