28/10/2012

Dernières marguerites avant déluge

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Paysage infini de ciel et de terre. Un ciel qui se défile et qui se déprime, cédant devant la montée de la brume. Confusion au-dessus du Mont Dar et du chemin des Neigeux le bien nommé. Soudain l'ondée et bien plus la neige irrévocable.

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Sur la terre au repos des mortes saisons, marguerites esseulées, deux frêles composées paraissent se consoler. Parce qu'elles savent.  "Il faut savoir fleurir là où Dieu nous a placé"  disait la non moins fragile France Quéré.

Sous une dernière brise, leurs tiges font un étrange et indicible pas de deux dans l'immense jardin  qui sera bientôt recouvert. Sous l'urgence, il faudrait être poète, comme monsieur Bobin qui délaisse les majuscules. Il aime seulement les minuscules. Dans l'homme-joie , il nous dit qu'aucune philosophie du monde n'arrive à la hauteur d'une seule marguerite. II nous parle aussi, dans son dernier recueil, de  l'irrésistible Glenn Gould et note à la main quelque confidence:

- J'ait fait la course sur la terrasse avec une fourmi et j'ai été battu.

Alors je me suis assis au soleil et j'ai pensé aux esclaves milliardaires de Wall Street.

Quand je serai poète, j'écrirai le mot pédoncule qui plaît à ma petite-fille. Mot rare appris dans les Leçons de Chose, ouvrage que me prêta l'enseignement primaire et qui ne fut que rarement étudié par manque de temps, déjà.

A la Chaux-De-Fonds, le lendemain matin, ce ne sont plus elles que l'on ramassera à la pelle.

Et des luges, il y  aura !

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vendredi 26 octobre 2012