27/10/2010

C'était hier

affiche_cetaithier copie.jpgC'était hier, malheureusement déjà la dernière séance au cinéma de Payerne, la ville qui a vu naître la cinéaste Jacqueline Veuve. Quelques spectateurs dans la salle, témoins semblant droit issus de ce documentaire qui est plus qu'un document et qui nous emmène très loin. C'était hier, du cinéma comme on en demande! La critique ne s'y est pas trompée...

Donner la parole à de vieilles images avec en filigrane le Tour de Suisse 1937. Les gens de Lucens, perdus et retrouvés dans l'immense foule acclamant le premier vainqueur suisse. Bel engouement sportif, il est vrai que l'on se trouvait "au haut du chômage".

S'offrir un vélo était hors de portée. Quant aux jours de fête... Surtout, on pouvait crever la faim dans la Broye, à une époque somme toute récente. Moi qui avait appris que la dernière disette remontait à 1816.

ça doit porter un autre nom que la pauvreté, ça doit être quelque chose de très fort, de très lointain. D'insaisissable, d'étrange.

"Quand on a le ventre vide, on ne voit pas le soleil sous les cocotiers."

Les cocotiers, c'est loin. Mais, pour revenir à notre sujet, il n'est pas besoin d'aller bien loin pour faire de l'ethnographie, ainsi que nous le montre Jacqueline Veuve d'un regard non partisan.

 

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photo Ingwersen

 

 

06/10/2010

FEMMES DE L'AIR

kathy-les-fougas-by le biplan jaune.jpgCela s'est passé sur la passerelle permettant d'accéder au cockpit d'un F/A 18 à la Base aérienne de Payerne. Une dame rêvait de pouvoir s'asseoir à l'intérieur et de le piloter. Elle posait de nombreuses questions sur cet appareil capable d'encaisser 9 G. Je me suis adressé au technicien affable pour lui demander s'il y avait beaucoup de femmes dans les Forces aériennes. Je connaissais la réponse (une minorité).

Ma voisine, elle avait un frère pilote et une belle-soeur pilote, rompit une lance en faveur de son sexe en affirmant que les femmes étaient plus douées. Un long débat, dont je n'ai pas attendu les conclusions, s'ensuivit. Il paraît que les femmes possèdent un meilleur doigté, un plus grand sens de l'équilibre vérifiable dans le pilotage des hélicoptères.

Disons que le sujet demeure toujours d'actualité.

Prenons le cas de Kathy Arazo (photo lebiplanjaune.com) qu'un accident de voiture empêcha de réaliser son rêve de devenir pilote de chasse. Après avoir démontré ses talents de voltige au sein de la patrouille Tranchant Fouga magister, elle a été engagée avec une collègue en tant que pilote de Canadair sur la base de Marignane. A l'âge de 32 ans et en dérogation du cursus exigé jusqu'ici. Une autre femme exerce la fonction de leader de la Patrouille de France, un demi-siècle après la première pilote militaire française...

Quant à savoir si une femme a sa place dans un engin de guerre, la question restera ouverte...

Prenons l'histoire à se débuts en rendant hommage à Aïda de Acosta qui sut charmer le génialissime et richissime Alberto Santos-Dumont lors de son séjour à Paris.

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La belle américaine d'ascendance cubaine par son père et hispanique par sa mère, une descente de la célèbre famille du Duc d'Albe, donc en visite à Paris, fut fascinée par les dirigeables. Charmé par la demoiselle de 19 ans, Alberto, qui en avait trente lui prêta son neuvième aéronef, un dirigeable, pour un vol en solo.
Nous sommes le 29 juin 1903. Aïda prend son envol et Alberto la suit à bicyclette. Elle se pose près du Bois de Boulogne. Emu aux larmes, Santos-Dumont lui dit: "Mademoiselle, vous êtes la première aero-chauffeuse du monde!". Après avoir assisté à une partie de polo, Aïda remonte dans la nacelle et ramène l'aéronef à son port d'attache. Le vol dura une heure et demie. Attesté par des photographies, l'événement resta relativement discret car les parents d'Aïda craignaient qu'elle ne trouverait jamais de mari après cette escapade!
Un événement historique: cet exploit se déroula près de six mois avant le premier vol des frères Wright dans un engin plus lourd que l'air!
(et aussi sept ans avant l'envol d'Ernest Failloubaz)
Mlle de Acosta fut la seule personne autorisée à voler sur un engin de Santos-Dumont. Ce célibataire endurci, qui vécut longtemps à Montreux, conserva jusqu'à la fin sa vie une photo d'Aïda sur son bureau.
De là,  à écrire une romance... Après avoir perdu un oeil suite à un glaucome en 1922, cette grande dame fut à l'origine de la plus grande fondation opthamologique des USA. Elle s'éteignit à New York le 26 juin 1962, à l'âge de 77ans.
                                             
Sd_num6_rounding_tower.jpgUne personne généreuse à l'instar d'Alberto, qui céda son prix de 125000 francs aux pauvres après avoir remporté autour de la Tour Eiffel le challenge Deutsch en 1904. Le destin tragique du héros brésilien est connu. Affecté dans sa santé par une sclérorse multiple, et aussi par la tournure que prit l'aviation en tant qu'arme de guerre, il se donna la mort en 1932.
Le "père de l'aviation", pris pour un espion allemand, retourna dans son pays au lendemain de la Grande Guerre.
Il avait main d'autres raisons d'être pacifiste...
A suivre... En attendant, bon vent à Kathy Arazo dans sa lutte pour la sauvegarde de la nature !
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17/05/2010

"La radio, c'est magique...

C'est comme le noir et blanc."

(saisi au vol sur les ondes de la RSR par une rare matinée printanière).

Il est vai que la radio mobilise nos sens, qu'elle nous oblige à écouter, au même titre que les vieilles photos, immuables,  qui nous obligent à voir avec une distance participative... avec respect.

Le noir et blanc vousoie la nature alors que la couleur la tutoite, dans une intimité factice et convenue qui nous empêche peut-être d'y regarder à deux fois.

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Mes rêves sont en noir et blanc. Comme les montagnes d'Emmanuel Gavillet. Et, comme Tahar Ben Jelloun, je crois que les illusions voyagent dans de vieux tramways.
Dans un article du Monde *, il évoque un film de Bunuel tourné en 1953 au Mexique. "Avec les supports actuels des fictions, la nostagie n'est pas de mise. Elle s'éteint lentement et sa lumière désigne de nouvelles routes pour  que l'esprit, l'imaginaire et la fantaisie restent en éveil quel que soit l'appareil par lequel ils passent.
  Si, comme moi vous aimez le cinéma de Bunuel, après avoir vu ce film, vous vous mettrez à écrire ou à imaginer des histoires en noir et blanc, les seules couleurs de la vraie vie. "
Je souligne !
(*Le Monde Lundi 10 mai 2010)
Et, dans les images qui ont forgé notre mémoire collective, l'Histoire s'écrit encore en noir et blanc. On s'en convainc dans l'album des 25 ans de Reporters sans frontières MAGNUM PHOTOS 101 photos pour la liberté de presse.
Actuellement en kiosque. Magnifique ! 
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Iran, Abbas, 1997
une photo moins connue que celle du Che à Cuba  en 1963 avec son cigare de René Burri...
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20/04/2010

L'autre général

Extrait de la FEUILLE D'AVIS DE LAUSANNE du vendredi 8 avril 1960, au lendemain de la mort d'Henri Guisan.

"Henri Guisan, né à Mézières, apès avoir suivi l'école primaire de ce village, s'en vint au Collège classique, puis au Gymnase de Lausanne.

C'est là qu'il eut... Mais laissons-lui la parole:

Le Général: - Parmi mes camarades, je crois qu'il y en a un qu'il est particulièrement indiqué de signaler. C'est le camarade à côté de qui j'étais sur les bancs du Gymnase, décédé maintenant, le général Voruz (ou Voruze, pour prononcer ce nom à la française), dont la famille est originaire de Moudon.

M.Gafner: - Deux généraux dans la même classe en Suisse, c'est assez rare!

Le Général: - Futurs généraux! Nous étions toujours ensemble. Je dois dire qu'il a fait une brillante carrière dans l'armée française et qu'il est malheureusement décédé il y a quelques années...

 

Des propos recueillis lors d'un entretien à Radio Lausanne en 1953 !  Mais retrouver les traces dans la postérité de "l'autre général" , Robert Voruz, est une autre paire de manches!

Les Moudonnois  ont consacré une rue, dans un nouveau quartier près de Grangeneuve, au contemporain d'Henri Guisan. Robert Voruz a été l'attaché militaire français à Londres avant la Seconde Guerre mondiale. Pour en apprendre plus, il vous faudra consulter les archives de l'histoire militaire britannique.

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10/11/2009

Yverdon - Neuchâtel :150 ans

Ouverture de la ligne ferroviaire Yverdon- Neuchâtel, il y a 150 ans, un 7 novembre. Selon mes sources (www.litra.ch), le réseau se prolongeait jusqu'à Frienisberg. Or, cette localité bernoise, siège d'un ancien couvent, n'est pas reliée au rail et ne le sera jamais.

Le mystère est levé (toujours selon la LITRA qui tient à jour les annales des transports publics; voir citation ci-dessous). Frienisberg, lieu homonyme, était une gare provisoire près du Landeron; le voyage vers Bienne se poursuivait en bateau.

Le 1er décembre 2009 marquera aussi les 150 ans de la liaison Neuchâtel - La Chaux-de-Fonds.

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Sept lignes de chemin de fer célèbreront leur 150e anniversaire (en 2010) – Un premier abandon d’une ligne ferroviaire est enregistré
Le coup d’envoi des ouvertures de lignes de chemin de fer il y a 150 ans fut donné le 10 mai 1860 par la ligne conduisant de Martigny à Sion. Cette liaison, qui constitue aujourd’hui un tronçon de la ligne internationale, fut mise en service par la compagnie ferroviaire « Ligne d’Italie. Suivit, en juin, le prolongement de la ligne ferroviaire de Strasbourg jusqu’à la gare centrale de Bâle; cet ouvrage impliqua le déplacement de plusieurs tronçons de ligne dans la région bâloise. Puis vinrent, en juillet 1860, les lignes ferroviaires de Berne à Balliswil (gare provisoire située entre Guin et le viaduc de Grandfey, qui fut supprimée deux ans plus tard à la faveur du prolongement de la ligne en direction de Fribourg-Lausanne), des Hauts-Geneveys aux Convers, de Auvernier aux Verrières et à Pontarlier. L’ouverture de la ligne ferroviaire Bex- Les Paluds (jonction avec la ligne du Bouveret ouverte un an plus tôt) eut lieu le 1er novembre 1860 et celle de Frienisberg (gare provisoire située près de Le Landeron) en direction de Bienne le 3 décembre 1860. Cette ligne permettait d’éviter aux passagers en provenance de la Suisse romande le transbordement sur les bateaux du lac de Bienne. La ligne ferroviaire reliant Nidau à Bienne, devenue superflue, fut supprimée après deux ans d’exploitation.

 

 

 

 

 

 

Grandson 4.10.2009