15/10/2009

Reconnaissance

 

"Reconnaissance enfin pour ce que Jacques Chessex nous fait reconnaître en nous." 

Copié avec le titre sur le blog de JLK. Pour ne pas trahir un silence immense et l'apaisement

d'un lecteur passant incognito à Ropraz, dans la lumière

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20/02/2009

Sur le "passé trouble" de Payerne City

cathVD 002_edited.jpgLe crime nazi relaté par Chessex réapparait sur le blog de J-M. Olivier ainsi que sous la plume de Jean-Louis Kuffer. Règlement de comptes ou curieux combat de chefs. Après quelques décervelés critiquant un livre qu'ils ne liront jamais, il semblerait qu'on puisse  désormais laisser planer le doute sur un prétendu plagiat de notre glorieux auteur.

Un Juif pour l'exemple n'est sans doute pas som meilleur livre. A la suite de Jankélévitch, l'auteur le reconnaìt (page 70): "J'ai honte..."

Enfin, "on apprend" que Jacques Pilet a commis un livre éponyme sur le même sujet en 1977. 32 ans après la fin de la guerre. La TSR va maintenant rediffuser l'admirable film d'Yvan Dalain (et de J.Pilet). Le succès médiatique de l'ouvrage paru chez Grasset (32 ans après !) y est sans doute pour quelque chose.

Jacques Chessex s'est exprimé ainsi sur le travail de l'autre Jacques: "À aucun moment du livre, ni du Temps présent de l’époque d’ailleurs, on ne comprend que ce crime dépasse Payerne et qu’il s’agit vraiment du début d’Auschwitz. »

Affaire de génération! C'est oublier le contexte. Souvenez-vous du Chagrin et la Pitié film fleuve du début des années 70 montrant Clermont-Ferrand sous l'Occupation. Produit par Charles-Henri Favrod, financé principalement par... Georges Simenon!, l'oeuvre décriée que l'on tenta de couler devint un immense succès en France. Ce qui n'empêcha pas son producteur de découvrir une hargne absolument épouvantable et de devoir affronter un âpre moment de sa vie en tant que témoin de l'Histoire. *

D'accord avec Pilet, le devoir de mémoire doit se faire "dans les têtes", devoir permanent donc. Il faut par conséquent saluer l'exposition actuelle des élèves de David Bonny Auschwitz - la fin du voyage. Edifiante et visible les dimanches (10 à17h) et les jeudis (16h30-19h) au Gymnase de Payerne. Fruit d'un voyage d'étude, la rencontre entre cette expo, visible jusqu'au 7 mars, et un "bestseller" est purement fortuite!

Enfin, pour donner suite (d'ici 2041, dans 32 ans!) à l'idée première de Chessex, on peut rappeler aux édiles de Payerne que le lieu du crime a été transformé en parking et que les immeubles attenants ont été rachetés par la commune "". La possibilté d'y créer un Jardin du Souvenir, de la Paix ou de la Réconciliation (Wiedergutmachung) ne s'efface pas d'un coup de balai!  

* Patrick Ferla, La Mémoire du regard Charles-Henri Favrod , Favre 1977

** parcelles 231 (le jardin des deux Jacques?), 232, 233 !

 

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14/01/2009

Satan, dans la tête du pasteur

satan 007.jpgCurieux tout ce que l'on peut écrire sur le dernier livre de Chessex paru chez Grasset dans la collection "Ceci n'est pas un fait divers" (sic!). Pourquoi pas "fait d'hiver" pour des pages glaçantes et pourtant allégeantes. Petit livre surmédiatisé et que l'on trouve dans les kiosques de gare (sauf à Payerne).

Sous mes yeux, une entrevue avec l'auteur, à qui j'emprunte un titre qui me ramène à mes propres souvenirs. Elle a paru dans Coopération sous la rubrique Tendances et loisirs (resic!).

Jacques Chessex avait huit ans lors de indicible et pervers crime de Payerne. Dont le seul souvenir est horrible à porter. Je n'étais pas né. L'histoire  qui vous rattrappe peut plonger l'enfant dans un désarroi sans appel. J'avais huit ans, ou peut-être moins, à la Bibliothèque enfantine sous le parc Mon Repos. Parmi les livres illustrés pour les petits à ras du sol, un volume effrayant de photographies fit tache. Que faisait-il ici (acte pervers?) ce livre richement illustré de silhouettes amigries en pyjama, d'entassements de cadavres, de dépouilles et de sexes offerts? Bref, de "tout de ce que l'on ne savait pas", de ce qui restera sans réponse et que l'on nommera plus tard La Shoah. Impossible confrontation d'un enfant à des images qui pourtant appellent une réaction instantanée. Je n'ai pas cherché d'autres livres. "Pourquoi eux et pas moi?" Le mal rôdait. "si le monde est vraiment comme ça, tu ne seras jamais en sécurité, jamais vraiment rassuré." 

On ne  peut nettoyer vraiment son esprit des basses-oeuvres. Sentiment de culpabilité m'ayant fait revenir sur les lieux du crime, hier, à l'angle de la rue de Montpellier (dont l'enseigne figurant sur une photo de L'Hebdo a disparu) et de la rue à Thomas? 

J'ai déjà dit les toits déglingués faisant face à l'écurie démolie des nazillons. Fait d'hiver et de brouillard. A deux pas de l'écurie aux vaches démolie, je suis monté pour la photo sur la terrasse d'une villa déjà ancienne. Elle sert de refuge aux écoliers dont les parents travaillent. La vie continue. Nous sommes un petit pays paisible (aux nouvelles de dix heures, du côté de Gaza, le score était de 973 contre 17).

Pays tranquille où mes souvenirs, proches de  la famille Chessex, nous sommes un petit pays, continuent à refluer...

 

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09/01/2009

Payerne brûle-t-il?

Certes non! On pouvait y croire en écoutant la revue de presse de la radio ce matin. Ville divisée, colère des habitants contre Jacques Chessex qui se serait mis à dos tous les habitants. Ville anéantie sous le feu destructeur d'une très mauvaise image, on se serait cru en plein état d'urgence. 

D'abord, le dernier livre de Chessex Un Juif pour l'exemple est tout sauf un brûlot. En aucun cas. En restant dans les inimitiés et l'ignorance, vous pourrez toujours dire que l'écrivain n'est qu'un nombriliste prétentieux écrivant pour sa propre gloire et on laissera braire.

24Heures de ce vendredi revient  sur cette affaire de 1942 sous le titre du "martyre de Payerne" où les guillemets sont de mise. Dans l'édition de samedi 3 janvier, le long article de Phillipe Dubath sur ce livre  à venir qui "a tout pour déplaire" pouvait commencer à instiller l'effroi. Citant l'archiviste de Payerne, fidèle lecteur de l'écrivain: "le drame, c'est que Jacques Chessex écrit trop bien, alors on le lit de toute façon." Formule que l'on peut raccourcir: Chessex décrit (trop?) bien le drame.

Il décrit les circonstances économiques et sociales, bien plus étendues que celle du district broyard, ayant pu conduire à un acte de folie. Les faits sont connus. Meurtre d'un honnête commerçant en plein jour, cadavre dépecé et mis dans trois boilles à lait que l'on jette au lac séance tenante.

J'ai lu le livre. Chessex cite des noms. Livre introuvable à Payerne. Je confirme ce que vous avez pu lire dans votre journal. Je me suis rendu à plusieurs reprises dans la librairie en soussol. Il fallait réserver, comme la dame sans doute intéressée à un événement ayant marqué sa jeunesse. Je n'ai pas réservé. Réserver, laisser mon nom pour un ouvrage qui serait d'emblée destiné à l'enfer des bibliothèques? Réserver un succès de rentrée littéraire, à cause d'un libraire timoré (on ne va quand même pas en prendre trop, tant qu'on n'a pas vendu le dernier du dernier Bürki?).

La solution du problème se trouvait dans le livre (page 14)! J'ai trouvé le petit ouvrage aux Galeries Vaudoises de Jean Bladt. Elles se prénomment  aujourd'hui Manor et monsieur Bladt s'y rend encore!

Quant à voir une place Arthur-Bloch à Payerne, ce n'est pas demain la veille! La Broye est attachée à la tradition des rues blagueuses du style Allée du Clos-des-Lilas ou Impasse des Pâquerettes. Et la place de la Concorde pourrait fort rester la place de l'Indifférence.

Reste le syndic de Payerne qui trouve que le jacquette du livre n'était pas assez riante. Il aura un problème, d'urbanisme. Sous les toits qui se déglinguent, les faits sont tenaces. De singuliers relents de guillotine trainent dans la ruelle à Thomas.

Enfin, l'avis de Christelle Luisier, mère de famille et accessoirement présidente des radicaux vaudois, " nous avons un devoir de mémoire avec cette histoire" ne pourra être écarté. Il étaye les arguments d'un écrivain que l'on pourra encore entendre sur la RSR, dimanche à 17 heures. 

blancherie 005_edited.jpgMme Luisier, 16.10.2008, à la Blancherie, Gymnase intercantonal. Lieu de mémoire aussi?