04/03/2014

NINO ROTA

Le Copier-coller et une des bases de la vie, pratiqué par les parents pour nous élever, les enseignants pour leurs cours et les journalistes ou reporters qui nous tiennent chaque soir par millions devant notre télévision pour les infos.

Après cette assertion, bien entendu copiée, il faut que je vous dise que madame Michu de Payerne se mord les doigts d'être restée scotchée devant sa télé l'autre jeudi soir. Si les absents n'ont pas toujours tort, ils doivent cependant bien regretter d'avoir manqué la conférence sur un des plus grands musiciens du siècle passé.

 C'était au GYB, Faye Corthésy, ancienne et "brillantissime" (selon ses profs) ancienne élève du gymnase de la Broye a captivé le public dans une leçon magistrale sur la fonction de la musique dans le cinéma d'auteur. La jeune historienne du 7e Art a su montrer au travers d'extraits de films (et quels films!) le rôle complexe de la musique dans la narration. Si Nino Rota a écrit les plus belles pages de Fellini et de Visconti, c'est encore le musicien de plus de 150 films...

 

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Nino Rota 1911 - 1979

 Jeune prodige, son premier oratorio fut joué à Rome et à Paris alors qu'il n'avait que douze ans. Sur les conseils d'Arturo Toscanini, il poursuivit ses études de compositeur aux USA. Si certains airs sont devenus célèbres, notamment en tant que sonneries de portables -ultime consécration pour un génie (! ) - ses opus de musique de chambre sont aussi nombreuses qu'inconnues.

Le pianiste Lorris Sevhonkian a ravi le public, hélas clairsemé, en interprétant valses et préludes de Rota. Pièces rarement jouées qui demandent ûn grand talent. Vraiment !

Pour consoler madame Michu et émouvoir le grand docteur Martin, blogueur à ses heures et, comme moi fan de Pretty Woman, voici un extrait magistral  du Padrino de Francis Ford Coppola. A pleurer...

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18/02/2014

MUR-MURS

 

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C'est à voir et c'est une exposition internationale. Rien à voir donc avec un certain enfermement démocratique lourd de sens pluriels. Mieux vaut être seul que bien accompagné. Proverbe suisse dont on goûtera peu ou prou l'ironie selon le développement de son degré de conscience nationale...

Que voyons-nous? Des lés de papiers peints suspendus dans une minuscule chambre de bonne. Des restes, échantillons de vie, à la disposition de la servante. Nous sommes dans un château. La domestique emprunte symboliquement des morceaux de vie de ses habitants pour tenter de créer sa propre histoire. Un condensé de ressentis, libre à nous de l'imaginer à travers le temps.

Le château de Mézières FR, à une chevauchée de Romont, abrite le Musée du papier peint. Les tapisseries originales ont pu être conservées. Des installations (visibles jusqu'à fin mai) veulent être le lien entre tradition et modernité et une interrogation sur les évolutions possibles du papier peint.

Celui-ci a pratiquement disparu de nos appartements, plus pour des raisons pratiques que par effet de mode. Le visiteur sera bien inspiré de consulter la notice des artistes pour saisir leur démarche, forcément expérimentale par rapport aux beaux salons historiques de la demeure .

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EIKO OJALA, artiste estonien né en 1982,  adapte un papier peint du XIXe siècle au thèmes qu'il pourrait prendre aujourd'hui. Les plaisirs simples et bucoliques ont laissé leur place au consumérisme de notre époque. La jeune femme fait du shopping et promène son chien comme un accessoire de mode!

 

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DFuno 088.jpg www.museepapierpeint.ch  L'expo regroupe une trentaine d'artistes

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16.02.2014

 

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10/02/2014

Ralentissez !

C'était mieux avant. Et pour vous, c'est comment? Le sentiment de nostalgie et de la conscience du temps qui s'écoule est moins lié à l'âge et à l'expérience qu'à la prétendue disparition de certaines valeurs. Les valeurs mutent et ne disparaissent pas.

Accélération de l'histoire, déréalisation du monde, mondialisation économique (time is money) s'accordent à une plus grande responsabilisation individuelle. Individu pourtant démuni!

Vaste problème par les temps qui courent ! Mais, "Il y a plus à faire de la vie que d'augmenter constamment sa vitesse." (Gandhi). Quant'au sentiment nostalgique, loin "du bon vieux temps", il ne s'exprime jamais mieux que face à une autorité, une opposition à un ordre établi. Voyez les romantiques, voyez Mai 68...

Pas de liberté sans contraintes ? .  nov13 011.jpg

Foin de toute théorie, voici la meilleure lecture que l'on puisse trouver dans un kiosque de gare.

Un petit livre, tout de même près de 300 pages, fort précieux. Carl Honoré, un journaliste canadien ayant étudié l'histoire et l'italien à Edimbourg, l'a écrit voici une dizaine d'années. Nous prenons ainsi de la distance par rapport aux discours actuels sournoisement dominants d'une écologie mercantile. Les chapitres, du slow food au slow sex en passant par la mobilité, l'urbanisme, ... ,l'éducation et le monde du travail sont "evidence based" ce qui n'exclut pas l'humour.

La traduction de Sophie Artaud est remarquable. Fait rare pour un poche, l'éditeur ( poche-marabout. fr) a assorti l'ouvrage de sa bibliographie et d'un index.

On y apprend notamment que Bridget Driscoll fut le premier piéton a être tué par une automobile. Elle roulait à 7 km/h. C'était à Londres en 1896. Huit ans plus tard, le Parlement britannique initia la guerre contre la vitesse.

 

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Hormis l'intérêt personnel que l'on y peut trouver , ce livre est une contribution intéressante à l'histoire économique contemporaine.

Deux citations à l'appui de sa lecture:

Il y a plus à faire de la vie que d'augmenter constament sa vitesse.

A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on oublie l'urgence de l'essentiel.

                                                               Gandhi et Edgar Morin

25/01/2014

AIR de rien, AIR14

C'est les soldes. Aussi sur mon blog! Je retrouve cette image appartenant aux archives de  la ville de Payerne. Souvenir d'un meeting aérien qui n'avait pas tenu ses promesses. Deux avions, dont celui de Grandjean, ne parvinrent pas à s'envoler. De là, les deux bonnets d'âne. Failloubaz, décollant d'Avenches arriva sur le terrain du meeting. Apeuré par les mouvements de la foule, il reparti séance tenante. Remboursez! cria une foule frustrée, témoin de ces balbutiements de notre aviation Le comité d'organisation prit la poudre d'escampette...

Que demande le peuple? Et qand le spectacle n'est pas à la hauteur, il se fâche!

Les 20 000 spectateurs qui assistèrent, en 1910,  au calamiteux et pitoyable meeting aérien de Payerne s'en retournèrent fort marris. En particulier les 12 000 voyageurs venus en train spécial depuis Lausanne, Berne et Genève qui devront supporter la cohue et sa mauvaise humeur. DSC_0102 - Copie.jpg

104 ans plus tard, cela devrait se passer autrement. Les enjeux sont de taille. L'aérodrôme de Payerne accueillira plus de 400 000 spectateurs au cours de deux weekends. Le grand meeting, célébrant notamment le centenaire des Forces aériennes suisses, se déroulera les 30 et 31 août ainsi que les 6 et 7 septembre 2014.

Les CFF qui ont l'exclusivité des préventes de billets mettront en oeuvre une importante logistique pour accéder à AIR14. Des portails sont prévus à Fribourg, Yverdon, Palézieux et Kerzers. Des navettes achemineront ensuite  les voyageurs vers des gares ad hoc proches du meeting. Les billets devront être réservés à l'avance. Les transports publics seront contingentés (une première suisse!). Sur la route, les bouchons seront inévitables...

 

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17/01/2014

Une visite de la Reine Berthe

 

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Petit, je me demandais: comment  pouvait-on savoir que notre illustre ancêtre, morte mille ans avant que nous vîmes le jour, pouvait avoir de grands pieds?

Maintenant je sais. Une reine Berthe peut en cacher une autre: celle  au grand pied. Un seul ! La claudication déambulatoire de "l'autre reine" s'interprétait jadis comme le signe d'une relation privilégiée avec le monde céleste!

Quant à notre reine helvétique, elle vécut notamment à Colombier NE après mariage en seconde noce avec Hugues d'Arles, roi d'Italie. Ayant assez des frasques de son roi d'époux, elle quitta le domicile conjugal, menant une existence gyrovague et laissant derrière elle quelques couvents. Bellelay, à qui nous devons la Tête de moine. En particulier, on lui doit aussi  la reconstruction du monastère de Payerne, devenu plus tard Abbatiale... Tout le reste n'est que légende (les ingrats moines s'étant empressés de falsifier l'histoire à leur profit)...

L'image de cette bienfaitrice, parcourant ses terres à cheval, filant sa quenouille et distribuant ses bienfaits a beaucoup circulé.

Un peu moins depuis que le monde virtuel à évincé le tricot. Il aura fallu qu'une jeune plasticienne, MAEVA ROSSET, revisite l'histoire et matérialise le mythe en objets. Une oeuvre visible sur les hauts de Payerne. Ephémère, il faut se hâter d'aller la voir avant le 2 février (lieu et horaire ici).

Une affaire de quenouille

Rien à voir avec les quenelles à la sauce nauséabonde d'un artiste dont on  fait tout un plat du jour. Il s'agit bien du bâton entouré de laine qui ne quittait jamais la reine Berthe. Image contestée, réhabilitée par Cingria avec verve,  puisqu'à l'époque tout le monde filait. Mais, affirmer que Berthe parcourait nos campagnes pour enseigner aux paysannes à filer la laine pour en tirer profit a tout lieu d'être un anachronisme protestant et sexiste. Il pouvait très bien faire effet lors du Cortège du Centenaire vaudois en 1903 ou dans un tableau d'Albert Anker suceptible d'émouvoir encore un fils de pasteur devenu le plus fortuné de nos politiciens. 

Une veille lune, cette Berthe? qu'il convient de revisiter. Un banquier se disant "vieux Genevois et calviniste" l'a fait il y a une quinzaine d'années (Armand Lombard dans un livre paru chez Marcel Favre).

 

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Et maintenant? Que raconte la Berthe abstraite et plurielle de Maeva Rosset plasticienne?

A vous de voir!  La quenouille et ses fils se voulant  le symbole d'une relation,  re-ligion, vers un monde supérieur,  les nombreux fils de l'installation me paraissent être un élément réussi rejoignant une vérité historique conférant beaucoup d'élévation au travail de Maeva.

 

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En 3D : besoin de hauteur -  et de Grandeur selon Ramuz, quelque peu oublié du nombre. 

Un détail que vous ne pouvez voir sur mes photos et que j'aurais pu sentir. Les rouets ont été peints au moyen d'épices odorantes. Encore une question de filiation! L'artiste a voulu rendre hommage a ses parents qui sont actifs dans le commerce d'épicerie.

 

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Et ma Berthe, je la vois comment? ça bouge ! Après tant de temps, tant de mariages, tant de royaumes... Imaginez un roi d'Italie au château de Colombier.  Il faut être Plonk et Replonk et ami(e) intime de Berlusconi !

Alors, pour me conformer à l'histoire, je la vois comme une souveraine à géométrie variable géographiquement parlant.  Forcément migrante, éloignée de la pensée unique, plutôt ouverte  et respectueuse d'un acquis n'enfermant pas notre avenir dans des frontières étroites, bien moins pérennes que celles de son royaume.

 A vous de voir. Le souverain c'est vous! Mais le 9 février, ce sera trop tard...