05/09/2009

Schubertiades dowtown

002.JPGQuand les mélomanes envahissent la cité de Payerne, ça nous fait... autrement. Il fait beau,  il y a de la belle musique, celle dont on dit qu'elle adoucit les moeurs.

Quoi d'autre? On ne reconnait plus la ville devenue zone piétonne. Et c'est comme si l'on avait débranché les lieus branchés. Beaucoup d'enfants mais peu de jeunes (ceux que l'on nommerait des festivaliers). Comme quoi, il faut bannir  les lieux communs: si la musique adoucit les moeurs, elle prend son temps à voir les nombreuses têtes grisouilles parmi les auditeurs.

A propos lieux: difficile de se repérer parmi les nombreuses salles et les 160 concerts proposés.

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Le programme fourni sert d'ombrelle quand on auditionne le Kiosque à musiques.
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Jean-Marc Richard, l'incomparable animateur de l'émission, reconnaissable de face comme de dos, a poussé la galanterie jusqu'à tourner les pages lors de l'interprétation d'un tango d'Astor Piazzola. Magnifique! Je me serais aussi mis à genoux devant la violoncelliste...
Feelings... avant le concert de l'OSR dans l'Abbatiale affichant complet101.JPG
Ce qui augure d'une Messe allemande dominicale faisant un tabac.

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02/03/2009

Brandons 9

brandons9 062_edited.jpgCortèges dans une ville aux rues et places rebaptisées en l'honneur du plus célèbre écrivain de Payerne.

La très riche 114ième édition du journal carnavalesque Le Trou accorde une large place au "trou de mémoire collective des Payernois" mis en lumière (et en droits d'auteur).

Comme l'arroseur arrosé, les éditeurs profitent largement de la notoriété de Jacques Chessex en publiant quelques inédits. Le Journal des Brandons contient également des entretiens mémorables avec l'écrivain ainsi qu'avec le freerider Mat Rebeaud "deux stars que le monde nous envie".

Malgré les licences carnavalesques, on reste dans le politiquement correct (la censure ayant été assurée par Dieudonné!) ou, plus exactement dans le respect de l'Histoire.

POST SCRIPTUM: A l'instar  probablement de la majorité des lecteurs de 24 Heures (texte et photo à l'appui), je suis obligé d'amender ma vision par trop angélique. "l'inégalable mauvais goût" d'un récipient sanguinolent réservé à Chessex dépasse les ignominies d'un pays en guerre. Quand l'ombre du racisme plane sur les Brandons...

Pour rester dans le politiquement correct, mieux vaut se référer au débat tenu en début de semaine sur les hauteurs de Ropraz et dont on trouvera un excellent résumé ici. C'est du sérieux et j'y ai entendu dire que Payerne pourrait avoir besoin d'une psychanalyse, tant l'affaire prenait l'allure d'une lutte de classe.

Bref, j'ai rencontré samedi un petit qui n'en avait rien à f..., le sommeil du juste. Et le cortège coloré des enfants des écoles est un bien joli moyen d'intégrer les Payernois tout neuf dans la cité...

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20/02/2009

Sur le "passé trouble" de Payerne City

cathVD 002_edited.jpgLe crime nazi relaté par Chessex réapparait sur le blog de J-M. Olivier ainsi que sous la plume de Jean-Louis Kuffer. Règlement de comptes ou curieux combat de chefs. Après quelques décervelés critiquant un livre qu'ils ne liront jamais, il semblerait qu'on puisse  désormais laisser planer le doute sur un prétendu plagiat de notre glorieux auteur.

Un Juif pour l'exemple n'est sans doute pas som meilleur livre. A la suite de Jankélévitch, l'auteur le reconnaìt (page 70): "J'ai honte..."

Enfin, "on apprend" que Jacques Pilet a commis un livre éponyme sur le même sujet en 1977. 32 ans après la fin de la guerre. La TSR va maintenant rediffuser l'admirable film d'Yvan Dalain (et de J.Pilet). Le succès médiatique de l'ouvrage paru chez Grasset (32 ans après !) y est sans doute pour quelque chose.

Jacques Chessex s'est exprimé ainsi sur le travail de l'autre Jacques: "À aucun moment du livre, ni du Temps présent de l’époque d’ailleurs, on ne comprend que ce crime dépasse Payerne et qu’il s’agit vraiment du début d’Auschwitz. »

Affaire de génération! C'est oublier le contexte. Souvenez-vous du Chagrin et la Pitié film fleuve du début des années 70 montrant Clermont-Ferrand sous l'Occupation. Produit par Charles-Henri Favrod, financé principalement par... Georges Simenon!, l'oeuvre décriée que l'on tenta de couler devint un immense succès en France. Ce qui n'empêcha pas son producteur de découvrir une hargne absolument épouvantable et de devoir affronter un âpre moment de sa vie en tant que témoin de l'Histoire. *

D'accord avec Pilet, le devoir de mémoire doit se faire "dans les têtes", devoir permanent donc. Il faut par conséquent saluer l'exposition actuelle des élèves de David Bonny Auschwitz - la fin du voyage. Edifiante et visible les dimanches (10 à17h) et les jeudis (16h30-19h) au Gymnase de Payerne. Fruit d'un voyage d'étude, la rencontre entre cette expo, visible jusqu'au 7 mars, et un "bestseller" est purement fortuite!

Enfin, pour donner suite (d'ici 2041, dans 32 ans!) à l'idée première de Chessex, on peut rappeler aux édiles de Payerne que le lieu du crime a été transformé en parking et que les immeubles attenants ont été rachetés par la commune "". La possibilté d'y créer un Jardin du Souvenir, de la Paix ou de la Réconciliation (Wiedergutmachung) ne s'efface pas d'un coup de balai!  

* Patrick Ferla, La Mémoire du regard Charles-Henri Favrod , Favre 1977

** parcelles 231 (le jardin des deux Jacques?), 232, 233 !

 

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09/01/2009

Payerne brûle-t-il?

Certes non! On pouvait y croire en écoutant la revue de presse de la radio ce matin. Ville divisée, colère des habitants contre Jacques Chessex qui se serait mis à dos tous les habitants. Ville anéantie sous le feu destructeur d'une très mauvaise image, on se serait cru en plein état d'urgence. 

D'abord, le dernier livre de Chessex Un Juif pour l'exemple est tout sauf un brûlot. En aucun cas. En restant dans les inimitiés et l'ignorance, vous pourrez toujours dire que l'écrivain n'est qu'un nombriliste prétentieux écrivant pour sa propre gloire et on laissera braire.

24Heures de ce vendredi revient  sur cette affaire de 1942 sous le titre du "martyre de Payerne" où les guillemets sont de mise. Dans l'édition de samedi 3 janvier, le long article de Phillipe Dubath sur ce livre  à venir qui "a tout pour déplaire" pouvait commencer à instiller l'effroi. Citant l'archiviste de Payerne, fidèle lecteur de l'écrivain: "le drame, c'est que Jacques Chessex écrit trop bien, alors on le lit de toute façon." Formule que l'on peut raccourcir: Chessex décrit (trop?) bien le drame.

Il décrit les circonstances économiques et sociales, bien plus étendues que celle du district broyard, ayant pu conduire à un acte de folie. Les faits sont connus. Meurtre d'un honnête commerçant en plein jour, cadavre dépecé et mis dans trois boilles à lait que l'on jette au lac séance tenante.

J'ai lu le livre. Chessex cite des noms. Livre introuvable à Payerne. Je confirme ce que vous avez pu lire dans votre journal. Je me suis rendu à plusieurs reprises dans la librairie en soussol. Il fallait réserver, comme la dame sans doute intéressée à un événement ayant marqué sa jeunesse. Je n'ai pas réservé. Réserver, laisser mon nom pour un ouvrage qui serait d'emblée destiné à l'enfer des bibliothèques? Réserver un succès de rentrée littéraire, à cause d'un libraire timoré (on ne va quand même pas en prendre trop, tant qu'on n'a pas vendu le dernier du dernier Bürki?).

La solution du problème se trouvait dans le livre (page 14)! J'ai trouvé le petit ouvrage aux Galeries Vaudoises de Jean Bladt. Elles se prénomment  aujourd'hui Manor et monsieur Bladt s'y rend encore!

Quant à voir une place Arthur-Bloch à Payerne, ce n'est pas demain la veille! La Broye est attachée à la tradition des rues blagueuses du style Allée du Clos-des-Lilas ou Impasse des Pâquerettes. Et la place de la Concorde pourrait fort rester la place de l'Indifférence.

Reste le syndic de Payerne qui trouve que le jacquette du livre n'était pas assez riante. Il aura un problème, d'urbanisme. Sous les toits qui se déglinguent, les faits sont tenaces. De singuliers relents de guillotine trainent dans la ruelle à Thomas.

Enfin, l'avis de Christelle Luisier, mère de famille et accessoirement présidente des radicaux vaudois, " nous avons un devoir de mémoire avec cette histoire" ne pourra être écarté. Il étaye les arguments d'un écrivain que l'on pourra encore entendre sur la RSR, dimanche à 17 heures. 

blancherie 005_edited.jpgMme Luisier, 16.10.2008, à la Blancherie, Gymnase intercantonal. Lieu de mémoire aussi?

21/11/2008

Tripes et fripes

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Les gens d'ici, dans la Broye, aiment les traditions.

Ils aiment aussi être rassurés.

La Foire de la saint-Martin de Payerne attire les curieux,

ceux qui se disent: "plus ça change, plus c'est la même chose".

Ainsi, le journal régional peut sans vergogne titrer chaque année

que la Foire bat son plein.

Plein de marchands forains sans doute, mais les chalands ne sont pas à la hauteur.

 Car il y a plus de gens qui travaillent que de gens qui font la foire en ce jeudi. Et ceux qui travaillent se fient à ce que le journal raconte.

A savoir que les pintes sont prises d'assaut par les amateurs de tripes. Natures ou tomates, aucun établissement de la place ne se risquerait à échapper à la tradition.

Le caractère agricole de la foire tourne à la nostalgie avec les tracteurs d'antan. Dans ce bric-à-brac, les clochettes, bannies des prés, ne rivalisent plus avec les chapeaux des coquettes.

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