23/08/2008

La fin du monde

 

"Moi, je pense que la fin du monde est derrière nous." C'était Jean Romain au grand huit à la radio vendredi matin.

Moi, je pense que c'est une très bonne nouvelle. Plus de questions métaphysiques. On va enfin pouvoir travailler et faire la fête (et surtout faire la fête, thème du débat de ce G8).  Et notre philosophe d'enchaîner sur un ton péremptoire:"Je pense que cela s'est passé dans le dernier tiers ou le dernier quart du siècle passé."

Je n'ai rien vu venir et je n'ai aucun souvenir de l'événement mais je ne peux mettre en doute cette information qui me réjouit vraiment. Enfin table rase... Toutefois, la date butoir du monde me pose problème pour tous ceux nés après cette date fatidique.

Les jeunes, demeurés dans l'ignorance et l'innocence, étaient pourtant bien au centre de ce débat sur perspective de bottelòn. D'ailleurs, le benjamin des invités, qui n'a pas connu la fin du monde, a su relancer le débat en affirmant qu'entre les bitures-express dans un squat interdit et une petite bière à 25 francs dans un local branché, les possibilités publiques de rencontre avaient une nette tendance à se rarifier...

Jeunes oubliés, on oublie que nous avons été jeunes. D'où notamment ce consensus à prendre des mesures de protection de la jeunesse (qui nous engagent guère quand on a dépassé l'âge seuil) tout en oubliant de les appliquer de façon efficace et cohérente. On préfère parler d'atteinte à la propriété et de nuisance sonore.

Mon pote d'antan avait sans doute pas tort: "arrêtez le monde, je veux descendre". Voîla chose faite!

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20/06/2008

LA CHINAFRIQUE

Au Festival de la Terre, Michel Beuret présentait samedi dernier l'ouvrage co-écrit avec Serge Michel. Enqête de terrain complétée par les photos de Paolo Woods, bien utiles tant on se situe dans le domaine de l'incroyable. Les Chinois, souvent plus pauvres et plus travailleurs ou mallléables que les autochtones, sont déjà aussi nombreux que l'ensemble des étrangers sur le continent noir. Pour quel avenir? L'ambasse du Cameroun à Pékin a enregistré 700 000 demandes de visa! Quelles politiques migratoires? Alors que MSF nous rappelle que le Cameroun accueille 50 000 réfugiés de  la République centreafricaine, il convient sans doute d'adopter un nouveau regard dans ce domaine.

"Un livre passionnant" (Pierre Philippe Cadert) qui en est déjà à sa 3e édition. Jamais l'Occident ne s'est autant intéressé à l'Afrique que depuis que la Chine est partie à sa conquête. Au moyen de sa réserve de billets verts. Page 371: le succès de la Chine ne s'explique pas seulement par sa puissance monétaire ou démographique. "...elle a développé chez elle des technologies simples mais parfaitement adaptées au besoins de l'Afrique; elle met en permanence en avant son discours de non-ingérence et son indifférence aux questions de droit de l'homme et à la bonne gouvernance, mais surtout, elle prend des risques et s'engage sur le long terme."

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06/06/2008

Belle de toujours

Réponse à mon fils: 27 février 1945 pour ce qui me concerne; en dépit des apparences, je ne suis pas plus vieux que Catherine Deneuve née à Paris le 22 octobre 1943!

Pour éviter de futures questions ontologiques à celui qui a vu le jour le 12 novembre 1973, je lui indique que Chiara Mastroainni est née le 28 mai 1972.  Mais foin de ces parallèles futiles soulevés à propos d'une récente projection de Belle de jour.

Magnifique interprétation d'une grande dame (elle n'avait que 23 ans) dans ce film de Luis Bunuel et Jean-Claude Carrière basé sur le roman de Joseph Kessel Séverine paru chez Gallimard en 1928.

Je n'ai pas de photo d'elle; je suis donc allé en piquer une faite par Bettina. " La qualité essentielle des photos de Bettina c'est peut-être qu'elles renvoient à quelque chose que l'on avait pressenti, deviné, imaginé, mais jamais saisi totalement : elles nous font découvrir d'indéniables évidences.", jugement de Deneuve affirmant par ailleurs:"Je ne me retrouve jamais dans mes photos. Ce n'est pas qu'elles ne me rendent justice, je n'ai pas à me plaindre... mais je suis comme ces Africains qui pensent qu'on leur vole leur âme."

Dernier conseil d'un père à son fils: se procurer sans tarder 100 photos de Bettina Rheims pour la liberté de presse(RSF).

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03/06/2008

Temps bénis

Novembre 1961. Une image mythique qui figurait encore à la une de 24 Heures du 27 octobre 2006. Avec un commentaire d'une singulière actualité: "A cette époque, un seul agent suffisait à maintenir l'ordre" devant les 32 000 spectateurs d'une rencontre entre le LS et Servette. Pas n'importe quel agent, mais Mottaz, dont la moustache et la moto lui assuraient un prestige probablement suupérieur à celui du meilleur des footballeurs (ainsi qu'un salaire du même ordre?).

Je conserve une pensée émue pour le photographe. Reporter, une autre profession de rêve, mais qui n'était pas de tout repos. Dès le premier but, il fallait se précipiter à l'avenue de la Gare pour développer, faire des tirages et les déposer au guichet express. Pour ensuite se rendre, peut-être dans un autre canton, pour couvrir les derniers instants d'une autre rencontre sportive.

Un cliché ASL. Actualités suisses Lausanne, une agence fondée en 1954 par Roland Schlaefli et qui réussit à se maintenir jusqu'en 2004. Ses fonds ont été cédés (entre autres) aux Archives fédérales. L'agence Keystone Suisse avait été créée l'année précédente grâce à une participation de l'Agence Télégraphique Suisse.

La banalisation de l'image numérique est un lieu commun. Ce qui l'est moins, c'est la formidable concentration de la diffusion des images qui accompagne leur production à l'infini. L'état du marché a bien changé (je n'ose pas dire évolué). Il est en main de trois grands (basés aux USA et facturant leurs prestations en Euros!) dont Corbis appartenant à Microsoft... Quant à l'évolution et ses conséquences sur le plan suisse, on lira un résumé fort bien fait à cette adresse:

http://www.photoreporters.ch/files/agencesphoto.f1_fr-187...

Ces agences vendent les images au poids et à la taille (en Mo, ko, pixels...). Je comprends mieux pourquoi mon fournisseur d'accès à Internet me gratifie de 17 photos d'Yves Saint-Laurent ou d'images instantanées de la flamme olympique sur l'Everest; au demeurant peu spectaculaires et encore moins intéressantes car tout le monde en connaissait déjà les tenants et les aboutissants...

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29/05/2008

Carte(s) postale(s)

Les rencontres-portraits d'A première vue. Je m'étonne du pouvoir de suggestion de la radio, incomparable et que je retrouve dans l'image fixe. Le contraire des images formatées défilant en permanence et qui ne laissent aucune place à l'imagination, au souvenir. 

Quand Pierre Philippe Cadert rencontre Philippe Dubath, ils parlent football et de sa mission civilisatrice! Lorsqu'il prend un sens, aussi pour ceux qui jouent moins bien... Ma dernière expérience, de coupe-citrons sur le terrain de Cully, remontant à l'enfance, je vois en quoi consiste le challenge.

Mais l'essentiel de l'entretien portait sur un petit livre, livre d'images ayant pour titre Ils s'écrivaient. L'eau à la bouche, je me suis donc rendu dans une grande librairie où l'on me dit que l'ouvrage était à date de parution indéterminée! Ce qui ne m'a pas autrement surpris. "Dans toutes les bonnes librairies", c'est du passé. Dubath, qui venait de déclarer qu'il aimait bien l'anonymat des choses, ne doit pas être autrement déçu. Les trésors enfouis, c'est le mystère de la pêche et ça se mérite. Je vais donc continuer ma quête du côté de la Riviera.

Première concession à l'Euro, cette carte que je trouve plutôt sympa avec son HOP SUISSE en écriture braille. Je vais sans doute l'envoyer à Pierre Philippe Cadert avec au dos:

... sans empreinte du monde extérieur à quoi pourriez-vous rêver? Sans image et sans émotion, pourquoi rêveriez-vous? Et sans récit à l'attention d'un autre, que feriez-vous de vos rêves?

C'est sybillin, mais c'est du Cyrulnik (le rêve des aveugles in De chair et d'âme, où le savant éclaire ce lien entre parole et image...)

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