14/01/2009

Satan, dans la tête du pasteur

satan 007.jpgCurieux tout ce que l'on peut écrire sur le dernier livre de Chessex paru chez Grasset dans la collection "Ceci n'est pas un fait divers" (sic!). Pourquoi pas "fait d'hiver" pour des pages glaçantes et pourtant allégeantes. Petit livre surmédiatisé et que l'on trouve dans les kiosques de gare (sauf à Payerne).

Sous mes yeux, une entrevue avec l'auteur, à qui j'emprunte un titre qui me ramène à mes propres souvenirs. Elle a paru dans Coopération sous la rubrique Tendances et loisirs (resic!).

Jacques Chessex avait huit ans lors de indicible et pervers crime de Payerne. Dont le seul souvenir est horrible à porter. Je n'étais pas né. L'histoire  qui vous rattrappe peut plonger l'enfant dans un désarroi sans appel. J'avais huit ans, ou peut-être moins, à la Bibliothèque enfantine sous le parc Mon Repos. Parmi les livres illustrés pour les petits à ras du sol, un volume effrayant de photographies fit tache. Que faisait-il ici (acte pervers?) ce livre richement illustré de silhouettes amigries en pyjama, d'entassements de cadavres, de dépouilles et de sexes offerts? Bref, de "tout de ce que l'on ne savait pas", de ce qui restera sans réponse et que l'on nommera plus tard La Shoah. Impossible confrontation d'un enfant à des images qui pourtant appellent une réaction instantanée. Je n'ai pas cherché d'autres livres. "Pourquoi eux et pas moi?" Le mal rôdait. "si le monde est vraiment comme ça, tu ne seras jamais en sécurité, jamais vraiment rassuré." 

On ne  peut nettoyer vraiment son esprit des basses-oeuvres. Sentiment de culpabilité m'ayant fait revenir sur les lieux du crime, hier, à l'angle de la rue de Montpellier (dont l'enseigne figurant sur une photo de L'Hebdo a disparu) et de la rue à Thomas? 

J'ai déjà dit les toits déglingués faisant face à l'écurie démolie des nazillons. Fait d'hiver et de brouillard. A deux pas de l'écurie aux vaches démolie, je suis monté pour la photo sur la terrasse d'une villa déjà ancienne. Elle sert de refuge aux écoliers dont les parents travaillent. La vie continue. Nous sommes un petit pays paisible (aux nouvelles de dix heures, du côté de Gaza, le score était de 973 contre 17).

Pays tranquille où mes souvenirs, proches de  la famille Chessex, nous sommes un petit pays, continuent à refluer...

 

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09/01/2009

Cosey et son double

Cosey, je l'avais perdu de vue en 1974 dans le gris-vert d'entre Gollion et Cossonay-Gare. Quel plaisir de retrouver Jonathan ou son double!

Je l'ai retrouvé dans l'atelier veveysan de Jean-Renaud Dagon, Le Cadratin, trônant sur un vieux poste de radio.

Etais-ce le printemps ou l'automne? Aprsès 35 ans, les souvenirs s'estompent. Je penche pour l'automne: les pourboires dans les établissements publics avaient été supprimés au mois de juillet. Merckx avait remporté le Tour de Suisse et Johnny Halliday venait de se produire au pénitencier de Bochuz. Ailleurs, Valéry Giscard d'Estaing est élu et Houphoët-Boigny proclamera la France-Afrique. Que reste-t-il d'elle, sinon le "boulvère Juscar Destin" traversant Abidjan et dont l'adresse m'est parvenue dans un courriel?

Ce qui est certain, c'est que Cosey dessinait et dessinait avec discrétion et modestie. Un auteur de BD, il avait publié les aventures de Paul Aroid et collaborait avec Derib. Cosey préparait un grand coup avec Le Retour de Jonathan (1975), une histoire, sans héros et sans aventure, novatrice dans le genre.

Souvenir d'un Gollion illustré peu après par un autre dessinateur et un GP de formule I! De Cosey, je garde en mémoire sa grande chevelure bouclée. Emblématique et faisant tache aux yeux d'un commandant de compagnie, tout comme faisaient tache mes chaussures non réglementaires (médicalement attestées suite à une piqure de scorpion). Autant dire que le dit commandant avait une propension compulsionnelle à nous détacher loin de sa vue, ce qui nous laissa tout loisir de rêver.

Jonathan  nous est revenu dans Elle (ou Dix mille Lucioles) dont la trame se déroule en Birmanie. On n'y voit jamais le visage des militaires. Le militantisme, comme le journalisme, ne relève pas du travail de Cosey. "En même temps, comme pour le Tibet, on ne peut s'empêcher d'en parler."

Un magnfique site (en anglais) retrace la parcours et l'oeuvre de Cosey, artiste et auteur complet désormais reconnu au-delà des frontières de la BD :

http://cosey.rogerklaassen.com/pages/intro.html

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31/12/2008

Voeu et vivat

En ce terme neigeux de 2008, d'une ultime note et d'une dernière image, nous chanterons avec Bernard de Ventadour:

J'ai le coeur si plein de joie que le monde en est est transformé. Fleurs

 blanches, vermeilles et jeunes me sembent être l'hiver, car du

 vent et de la pluie s'accroit mon bonheur. Aussi mon talent augmente

et monte, et mon chant s'améliore. J'ai le coeur si plein d'amour, de

joie et de douceur que la glace me parait fleur et la neige verdure.

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Bonne année à Tous
Avec de notes et des mots,
nous chanterons
2009
et les quarantes ans
de chansons de Michel Bühler
"avec l'intrépide espérance de ceux qui savent qu'un jour, le temps" leur donners raison (!)

22:02 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |

22/12/2008

Inassouvies, nos vies

Quel beau titre pour le deuxième roman de fatou Diome qui a fait l'objet de deux émissions à la RSR. Je viens d'entendre Fatou Diome sur Radio Classique. La dame écrit en musique et son bouquin est précédé d'une liste d'oeuvres à écouter. Venant de rentrer des USA, elle a une manière bien à elle de remettre en place les journalistes qui l'interrogent sur l'effet Obama. Avec un rire irrésitible et en citant sa grand-mère analphabète. Fatou l'autodidacte, s'initiant au français ainsi qu'ä Bach grâce aux cassettes d'un curé en visite au Sénégal... La jeune femme prépare une thèse à l'université de Strasbourg dont j'aimerais connaître le thème.

"Je cherche mon pays là où l'on aime l'être additionné (...) où s'estompe la fragmentation identitaire."

Où l'intégration n'est pas désintégration.

J'ai trouvé le truc suivant sympa et joliment présenté. N'oubliez pas l'avis de la libraire de Pontarlier (la bien nommée en l'occurrence) qui vous invitera à partager son enthousiasme!

http://www.web-tv-culture.com/inassouvies-nos-vies-fatou-...

crédit photo: RSR/Keystone

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01/12/2008

Un dimanche noir

Les Vaudois sont flanchards.                   Suistoy 053_edited.jpg

La crise a-t-elle encore frappé?

C'est du joli...

Couler un musée,

c'est faire la croix sur un patrimoine.

J'irai (me faire) voir ailleurs...

avec mes craintes sur la progression

de l'illettrisme ici-bas.

Circulez, il n'y rien à voir! Et c'est d'une tristesse endémique.

Entre les lignes, c'est carrément au bord de l'amer

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