10/02/2014

Ralentissez !

C'était mieux avant. Et pour vous, c'est comment? Le sentiment de nostalgie et de la conscience du temps qui s'écoule est moins lié à l'âge et à l'expérience qu'à la prétendue disparition de certaines valeurs. Les valeurs mutent et ne disparaissent pas.

Accélération de l'histoire, déréalisation du monde, mondialisation économique (time is money) s'accordent à une plus grande responsabilisation individuelle. Individu pourtant démuni!

Vaste problème par les temps qui courent ! Mais, "Il y a plus à faire de la vie que d'augmenter constamment sa vitesse." (Gandhi). Quant'au sentiment nostalgique, loin "du bon vieux temps", il ne s'exprime jamais mieux que face à une autorité, une opposition à un ordre établi. Voyez les romantiques, voyez Mai 68...

Pas de liberté sans contraintes ? .  nov13 011.jpg

Foin de toute théorie, voici la meilleure lecture que l'on puisse trouver dans un kiosque de gare.

Un petit livre, tout de même près de 300 pages, fort précieux. Carl Honoré, un journaliste canadien ayant étudié l'histoire et l'italien à Edimbourg, l'a écrit voici une dizaine d'années. Nous prenons ainsi de la distance par rapport aux discours actuels sournoisement dominants d'une écologie mercantile. Les chapitres, du slow food au slow sex en passant par la mobilité, l'urbanisme, ... ,l'éducation et le monde du travail sont "evidence based" ce qui n'exclut pas l'humour.

La traduction de Sophie Artaud est remarquable. Fait rare pour un poche, l'éditeur ( poche-marabout. fr) a assorti l'ouvrage de sa bibliographie et d'un index.

On y apprend notamment que Bridget Driscoll fut le premier piéton a être tué par une automobile. Elle roulait à 7 km/h. C'était à Londres en 1896. Huit ans plus tard, le Parlement britannique initia la guerre contre la vitesse.

 

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Hormis l'intérêt personnel que l'on y peut trouver , ce livre est une contribution intéressante à l'histoire économique contemporaine.

Deux citations à l'appui de sa lecture:

Il y a plus à faire de la vie que d'augmenter constament sa vitesse.

A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on oublie l'urgence de l'essentiel.

                                                               Gandhi et Edgar Morin

25/01/2014

AIR de rien, AIR14

C'est les soldes. Aussi sur mon blog! Je retrouve cette image appartenant aux archives de  la ville de Payerne. Souvenir d'un meeting aérien qui n'avait pas tenu ses promesses. Deux avions, dont celui de Grandjean, ne parvinrent pas à s'envoler. De là, les deux bonnets d'âne. Failloubaz, décollant d'Avenches arriva sur le terrain du meeting. Apeuré par les mouvements de la foule, il reparti séance tenante. Remboursez! cria une foule frustrée, témoin de ces balbutiements de notre aviation Le comité d'organisation prit la poudre d'escampette...

Que demande le peuple? Et qand le spectacle n'est pas à la hauteur, il se fâche!

Les 20 000 spectateurs qui assistèrent, en 1910,  au calamiteux et pitoyable meeting aérien de Payerne s'en retournèrent fort marris. En particulier les 12 000 voyageurs venus en train spécial depuis Lausanne, Berne et Genève qui devront supporter la cohue et sa mauvaise humeur. DSC_0102 - Copie.jpg

104 ans plus tard, cela devrait se passer autrement. Les enjeux sont de taille. L'aérodrôme de Payerne accueillira plus de 400 000 spectateurs au cours de deux weekends. Le grand meeting, célébrant notamment le centenaire des Forces aériennes suisses, se déroulera les 30 et 31 août ainsi que les 6 et 7 septembre 2014.

Les CFF qui ont l'exclusivité des préventes de billets mettront en oeuvre une importante logistique pour accéder à AIR14. Des portails sont prévus à Fribourg, Yverdon, Palézieux et Kerzers. Des navettes achemineront ensuite  les voyageurs vers des gares ad hoc proches du meeting. Les billets devront être réservés à l'avance. Les transports publics seront contingentés (une première suisse!). Sur la route, les bouchons seront inévitables...

 

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17/01/2014

Une visite de la Reine Berthe

 

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Petit, je me demandais: comment  pouvait-on savoir que notre illustre ancêtre, morte mille ans avant que nous vîmes le jour, pouvait avoir de grands pieds?

Maintenant je sais. Une reine Berthe peut en cacher une autre: celle  au grand pied. Un seul ! La claudication déambulatoire de "l'autre reine" s'interprétait jadis comme le signe d'une relation privilégiée avec le monde céleste!

Quant à notre reine helvétique, elle vécut notamment à Colombier NE après mariage en seconde noce avec Hugues d'Arles, roi d'Italie. Ayant assez des frasques de son roi d'époux, elle quitta le domicile conjugal, menant une existence gyrovague et laissant derrière elle quelques couvents. Bellelay, à qui nous devons la Tête de moine. En particulier, on lui doit aussi  la reconstruction du monastère de Payerne, devenu plus tard Abbatiale... Tout le reste n'est que légende (les ingrats moines s'étant empressés de falsifier l'histoire à leur profit)...

L'image de cette bienfaitrice, parcourant ses terres à cheval, filant sa quenouille et distribuant ses bienfaits a beaucoup circulé.

Un peu moins depuis que le monde virtuel à évincé le tricot. Il aura fallu qu'une jeune plasticienne, MAEVA ROSSET, revisite l'histoire et matérialise le mythe en objets. Une oeuvre visible sur les hauts de Payerne. Ephémère, il faut se hâter d'aller la voir avant le 2 février (lieu et horaire ici).

Une affaire de quenouille

Rien à voir avec les quenelles à la sauce nauséabonde d'un artiste dont on  fait tout un plat du jour. Il s'agit bien du bâton entouré de laine qui ne quittait jamais la reine Berthe. Image contestée, réhabilitée par Cingria avec verve,  puisqu'à l'époque tout le monde filait. Mais, affirmer que Berthe parcourait nos campagnes pour enseigner aux paysannes à filer la laine pour en tirer profit a tout lieu d'être un anachronisme protestant et sexiste. Il pouvait très bien faire effet lors du Cortège du Centenaire vaudois en 1903 ou dans un tableau d'Albert Anker suceptible d'émouvoir encore un fils de pasteur devenu le plus fortuné de nos politiciens. 

Une veille lune, cette Berthe? qu'il convient de revisiter. Un banquier se disant "vieux Genevois et calviniste" l'a fait il y a une quinzaine d'années (Armand Lombard dans un livre paru chez Marcel Favre).

 

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Et maintenant? Que raconte la Berthe abstraite et plurielle de Maeva Rosset plasticienne?

A vous de voir!  La quenouille et ses fils se voulant  le symbole d'une relation,  re-ligion, vers un monde supérieur,  les nombreux fils de l'installation me paraissent être un élément réussi rejoignant une vérité historique conférant beaucoup d'élévation au travail de Maeva.

 

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En 3D : besoin de hauteur -  et de Grandeur selon Ramuz, quelque peu oublié du nombre. 

Un détail que vous ne pouvez voir sur mes photos et que j'aurais pu sentir. Les rouets ont été peints au moyen d'épices odorantes. Encore une question de filiation! L'artiste a voulu rendre hommage a ses parents qui sont actifs dans le commerce d'épicerie.

 

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Et ma Berthe, je la vois comment? ça bouge ! Après tant de temps, tant de mariages, tant de royaumes... Imaginez un roi d'Italie au château de Colombier.  Il faut être Plonk et Replonk et ami(e) intime de Berlusconi !

Alors, pour me conformer à l'histoire, je la vois comme une souveraine à géométrie variable géographiquement parlant.  Forcément migrante, éloignée de la pensée unique, plutôt ouverte  et respectueuse d'un acquis n'enfermant pas notre avenir dans des frontières étroites, bien moins pérennes que celles de son royaume.

 A vous de voir. Le souverain c'est vous! Mais le 9 février, ce sera trop tard...

 

15/01/2014

Au revoir là-haut

Le Goncourt, c'est fait! Le livre de Pierre Lemaître, c'est du lourd, dans tous les sens du terme. La mise en place de l'intrigue est assez longue, voire ennuyeuse à l'image des attentes absurdes des poilus dans les tranchées de 14-18. Des enterrés vivants vont tenter de prendre leur revanche. Les geules cassées, ça vous dit quelque chose? Au fil des inhumations et des exhumations rocambolesques, il faut s'accrocher... (Je n'ai pu m'empêcher de penser aux Pieds Nickelés découverts dans ma prime jeunesse.)

Lemaître sait écrire en maîtrisant avec art le roman noir. Dès lors, on a hâte de découvrir le dénouement! 566 pages de lourd, c'est pas vraiment dans la mouvance des textos actuels. Le bouquin pèse plus de 600 grammes (plus que l'Etre et le Néant de Sartre, livre dont Raymond Aaron avait dit qu'il avait obtenu tant de succès à la Libération parce que les bouchers, devant la pénurie de fer, l'utilisaient pour peser leurs rôtis).

Le Goncourt 2013 doit sans doute son succès au savant mélange entre réalité et fiction, documenté dans l'épilogue ou making of. Rappelons donc que le titre reprend la fin de la  dernière lettre de Jean Blanchard à son épouse. Il sera fusillé le lendemain, 4 décembre 1914, avec des camarades, pour prétendu abandon de poste   et pour l'exemple. Ces soldats seront réhabilités après des années de longs procès; les officiers ne seront pas inquiétés.

Si les ouvrages épais vous rebutent, la BD de Tardi  Putain de Guerre vous donnera une image du carnage. Egalement de quoi  voir avec un autre oeil les Monuments aux Morts et même la tombe du Soldat inconnu.

La Grande Guerre n'est pas finie (ne serait-ce  parce qu'elle fut à l'origine du fascisme et de la Seconde). Entre l'attentat de Sarajevo et la grippe espagnole, elle est singulièrement zappée dans les programmes d'enseignement.

Entre 10 000 et 14 000 Suisses se sont engagés volontairement dans l'Armée française dès le début des hostilités.

 Livre puissant faisant l'unanimité de la critique. Il y en a qui en veulent encore... Une citation de la ( première) Dame de France, mal à propos dans l'actualité, je le concède:

 "Ce livre-là, c’est certain, marquera l’histoire de la littérature. Il aurait pu compter 1000 pages supplémentaires que nous en redemanderions encore. Magnifique. »
Valérie Trierweiler, Paris-Match

Pardonnez.moi !

03/01/2014

Capitale des petits trains

Derniers jours pour admirer l'extrordinaire maquette de Jean-Michel Mayor. Cela se passe au centre sportif d'Oron-la-Ville, encore samedi et dimanche de 10 à 18 heures.

Un splendide réseau imaginaire de lignes secondaires s'étendant sur le Gros de Vaud avec de belles machines !

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23:17 Publié dans ferrovipathes, Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oron | |  Facebook |