23/04/2010

Bientôt une femme au Sommet de la francophonie?

Bien plus qu'une rumeur persistante. Entre les atermoiements de nombreux candidats non déclarés, courroucés, qui, par leur propre Gouvernement, qui, par le lobbying  du vieux Abdou Diouf qui ne veut pas passer la main aux jeunes,  l’écrivaine camerounaise résidant en France Calixthe Beyala, traduite dans tous les pays du monde et dont l’oeuvre  à fait l’objet de plusieurs thèses dans de prestigieuses universités américaines, se serait déclarée prête à la succession. Si le conditionnel reste de mise, on rappellera que la romancière manifeste son intérêt pour l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) depuis une dizaine d'années déjà. Un organe trop politique et pas assez culturel à son goût.

Opinion d'Allain Jules sur son blog (du 22 avril): "Du moins, ce qui est sûr, avec cette grande dame qui n’a pas sa langue dans sa poche, comme secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie , il y aura des cris et des grincements de dents tellement, sa rectitude morale est indéniable. Sa plume acérée a enchanté les foules. Sera-t-elle aussi bonne responsable ? On peut lui faire confiance, pour booster l’Organisation dont l’immobilisme criard discrédite les francophones en général….

Calixthe Beyala  contre Abdou Diouf pour le poste de secrétaire général de l’OIF ? Un vrai feu d’artifice en perspective."  

Rien n'est joué. L’élection aura lieu lors du sommet marquant le 40e anniversaire de l’Organisation, du 22 au 24 octobre, à Montreux, en Suisse.

Même si les 56 membres que comptent l’organisation, pour la plupart, ne souhaitent pas reconduire l’actuel secrétaire général qui veut rester 12 ans en place, il est loin d'être certain qu'ils accordent leur voix à une femme. Combien de cheffes d'Etat dans l'organisation, hormis  Doris Leuthard?

Enfin, l'usage voudrait que l'on change de continent. Notre présidente aurait pu se qualifier si le parlement avait conscience de l'importance de l'OIF pour notre pays!

Ces dames ont donc des chances;  c’est tout le mal que je leur souhaite aujourd'hui.

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(Genève, 23.04.2009)

 

Le Birnel

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Le Birnel, en français on dirait poiré ou poiret (VD) appartient au patrimoine culinaire suisse, qui en fait d'ailleurs une description fort détaillée.

Ce concentré de jus de poires dont l'apparence rappelle le miel est un édulcorant naturel riche en fructose et en minéraux précieux pour l'organisme.

Son origine remonte à la Loi sur l'alcool de 1932;  visant une utilisation plus judicieuse que la distillation, elle a encouragé diverses mises en valeur des fruits, dont la concentration. 

Contrainte de prendre en charge les récoltes de fruits à cidre, la Régie fédérale des alcools exportait à renfort de subsides les excédents de concentré. Parallèlement, l'Etat encourageait l'arrachage des poiriers hautes tiges. Les produits qui en sont issus régressent puisque le sucre est bon marché.

Les temps ont changé. Les hautes tiges, éléments traditionnels du paysage, tendent à disparaître. Et avec eux, les espèces d'oiseaux menacées dont ils sont souvent le seul biotope.

Depuis 1952, la vente du Birnel est assurée par le Secours d'hiver qui est devenu pratiquement le distributeur exclusif du produit.

Birnel: nom de marque du Birnendicksaft ou jus concentré de poires produit par Unipektin (à Eschenz). Le jus de poires bio est clarifié par ultrafiltration et désacidifié avant d’être concentré. Le sirop BIRNEL est clair et limpide. Neutre au goût, il remplace le sucre et convient également aux diabétiques. Considéré comme particulièrement sain, le BIRNEL est aussi un produit de solidarité vendu au profit du "Secours d’hiver/Winterhilfe" et pour la promotion des vergers à hautes tiges.

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Sous le poirier, le cerisier de mon voisin ce matin
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Cerisier rose et pommier blanc?  A en croire la chanson qui a tout faux! Par licence poétique du ying et du yang...
Pour la petite histoire, le secteur des fruits et des pommes de terre et sa vingtaine de collaborateurs ont été transférés voici quelques années de la Régie des alcools à l'Office fédéral de l'agriculture. Désenchevêtrement des tâches dans la langue de bois. A noter qu'une partie des parlementaires s'était prononcée, dans un sens de compromis bien helvétique, pour le transfert de la moitié des fonctionnaires seulement!
Prudence bien terrienne: il ne fallait pas augmenter le budget agricole d'une somme dont les cultivateurs ne verraient jamais la couleur...

20/04/2010

L'autre général

Extrait de la FEUILLE D'AVIS DE LAUSANNE du vendredi 8 avril 1960, au lendemain de la mort d'Henri Guisan.

"Henri Guisan, né à Mézières, apès avoir suivi l'école primaire de ce village, s'en vint au Collège classique, puis au Gymnase de Lausanne.

C'est là qu'il eut... Mais laissons-lui la parole:

Le Général: - Parmi mes camarades, je crois qu'il y en a un qu'il est particulièrement indiqué de signaler. C'est le camarade à côté de qui j'étais sur les bancs du Gymnase, décédé maintenant, le général Voruz (ou Voruze, pour prononcer ce nom à la française), dont la famille est originaire de Moudon.

M.Gafner: - Deux généraux dans la même classe en Suisse, c'est assez rare!

Le Général: - Futurs généraux! Nous étions toujours ensemble. Je dois dire qu'il a fait une brillante carrière dans l'armée française et qu'il est malheureusement décédé il y a quelques années...

 

Des propos recueillis lors d'un entretien à Radio Lausanne en 1953 !  Mais retrouver les traces dans la postérité de "l'autre général" , Robert Voruz, est une autre paire de manches!

Les Moudonnois  ont consacré une rue, dans un nouveau quartier près de Grangeneuve, au contemporain d'Henri Guisan. Robert Voruz a été l'attaché militaire français à Londres avant la Seconde Guerre mondiale. Pour en apprendre plus, il vous faudra consulter les archives de l'histoire militaire britannique.

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18/04/2010

Mon général

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On n'expliquera jamais le charisme du Général Guisan. On a fait de ce général , qui jamais ne livra de bataille au sens étroit du terme, un héros de la Nation. Un hiérarque à coup sûr, un héraut, prophète chanceux dans un monde troublé...   

Très populaire, c'était un communicateur hors du commun. Privilégiant le contact direct. Oublié des jeunes générations. Le Cinéjournal suisse tourna un épisode intitulé une journée au QG du Général. On y voit le septuagénaire galoper à travers champs... S'inquiétant d'un soldat méritant, il ordonne à son aide de camp de prier madame Guisan d'envoyer une layette lors de la naissance du sixième enfant...

Un délicieux document à déguster au deuxième degré. Le ton d'une époque, truffé de saluts "militaires mais néanmoins humains". En terrien, Riquet la fourchette, s'enquiert de la récolte de foins. Ce sobriquet se rapporte probablement plus au diminutif de l'outil agraire servant à évacuer le fumier qu'au coup de fourchette de la tambouille: Guisan était plus gentleman-farmer que paysan...

Incarnant la droiture, l'homme s'y connaissait en matière de relations publiques. Aussi, on ne s'étonnera pas qu'une foule innombrable assista à ses funérailles le 12 avril 1960.

300 000 personnes. Un chiffre repris sans sourcilier par tous les médias à l'occasion du 50e anniversaire de sa disparition. Le couple google-wikipedia a frappé! Il est vrai que ce chiffre figure dans l'article du Dictionnaire Historique Suisse consacré au général.

Je retrouve les pages de la Feuille d'Avis de Lausanne du lendemain. Elles évoquent une foule considérable; beaucoup de monde et d'émotion pace que "le général c'était quelqu'un."

Et dans la NZZ du 1.4.2010, un témoin de l'époque évoque les témoins du cortège massés sur trois, parfois six rangs. Sans convoquer Marc Ferro et le cinéma en tant que source historique, je regarde les images tournées par Ch. Broenimann du Cinéac...

On pourrait revoir le chiffre à la baisse... sans toucher au sens de l'histoire.

Sur notrehistoire.ch, pourtant, cette belle image de la foule recueillie et disciplinée sur la place de la Riponne:

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(Une photo de monsieur G. Baud)
Quant au dessin du général, il est l'oeuvre du caporal Géa Augsbourg dans un ouvrage paru à fin 1939 déjà. Mon exemplaire soigneusement relié par un oncle comporte la dédicace du Commandant en Chef de l'Armée faite au Quartier général -18 avril 1940.
Très politiquement incorrect, la clope sur  les dessins et photos... Déjà que son médecin de père avait tenté de le modérer en lui offrant des cigares "Grandson" sans doute meilleurs pour la santé.
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14/04/2010

Les Gastlosen d'Emmanuel Gavillet

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 Magnifique exposition à Bulle. Avec le privilège de croiser Emmanuel Gavillet, l'auteur de ces images qui séduiront forcément tous les amateurs de photographie. 

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Un vibrant plaidoyer du noir et blanc et du retour à l'analogique. Pour nous apprendre à mieux voir. il est question d'exploit sportif dans l'extrait de presse ci-dessous. Cinq prises de vue au maximum au cours d'une journée, un matériel pesant 30 kilos: chambre Sinar de 20/24 cm permettant d'atteindre une profondeur de champ et un niveau de détails exceptionnels.
Hormis le film du making of "Argentica Montana" et sa version courte en stop-motion, ces clichés ont fait l'objet d'un ouvrage.
Un jeune photographe qui a déjà une oeuvre. A relever ses expéditions sous-marine. Il parvint à repérer et à photographier l'ancre du pourquoi-pas? qui sombra lors de l'expédition polaire du commandant Charcot.
 
Le Musée gruérien dévoile des clichés vertigineux sur les Gastlosen (ats)
"Le photographe Emmanuel Gavillet a réussi à apprivoiser les "Gastlosen": le Musée gruérien expose jusqu'au 29 août une cinquantaine de grands tirages en noir et blanc, qui sont autant de témoignages d'une grande maîtrise artistique, technique et sportive.

Ses tirages d'une profondeur et d'une netteté vertigineuses témoignent d'une technique aboutie et d'une grande finesse dans le traitement de la lumière. Au-delà de la représentation d'un paysage de montagne, "Gastlosen" est aussi une quête intérieure et une recherche sur la matière - la neige, la glace, la roche - qui entraîne le photographe aux frontières de l'abstraction.

Massif de 12 kilomètres de parois abruptes et hostiles entre les cantons de Fribourg et de Berne, les Gastlosen, ces "inhospitalières", ne sont pas à la portée du premier venu. Le film "Argentica Montana" raconte l'histoire du projet et permet de se faire une idée des conditions matérielles de sa réalisation."

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 Plus sur le site du réalisateur:  www.pourquoi-pas.ch