18/11/2008

De l'urbanité exquise du wattman (fin)

Petit extrait de L'Etape libératrice... en tramway, ce magnifique ouvrage aux 565 héliogravures paru à Genève en 1918. Contenant le témoignage d'un interné dans la région de Montreux, écrivain soucieux de la vérité historique, il se doit "de dire que le personnel des tramways est d'une urbanité exquise."

Dans son oisiveté, usant et abusant de ce moyen de transport, il en observe les passagers. " Chaque heure a son public et chaque public a son heure."  Exubérantes commères revenant du marché, jeunesse laborieuse pépiante et jacassante...  Le soir venu, "comme toujours prédominance du beau sexe" dans la voiture du théatre. A la vue des élégantes, des parfums violents montent à la tête de notre auteur.

"Je respire avec peine... Je m'assoupis... Je rêve que je suis enlevé dans une parfumerie ambulante par de bien joilies parfumeuses, et tandis qu'un extraordinaire mélange d'opopanax, d'héliotrope, de peau d'Espagne, de trèfle incarnat, de patchouli achève de m'étourdir, je défaille délicieusement sous le regard velouté de deux magnifiques yeux noirs surmontant une adorable bouche rouge qui laisse entrevoir des perles éblouissantes..."

Marcel de Fourmestraux, qui signe ces lignes est également l'auteur d'un récit sur le suicide improbable d'un lapin dans le Léman dans le même opus. Ecrivain injustement oublié (?!), il fait partie du premier contingent des 26 000 militaires internés en Suisse durent la Première Guerre. Ils furent accueillis comme des héros dans le style ampoulé de la Der des Der qui régnait aussi dans le pays neutre. Menacée d'une grave crise morale et d'un risque sérieux d'éclatement, ce fut une heureuse chance pour la Suisse d'avoir ce rôle de samaritain à jouer.

Les échanges de prisonniers étaient du ressort de la Croix rouge inernationale à Genève. Les internés se livraient à diverses activités qui ne devaient pas concurrencer l'industrie suisse. Production de jouets TIM (travail internés militaires)... Prisonniers qui remplaçaient avantageusement les touristes puisque Berne envoyait les factures d'hébergement aux ambassades concernées!

Heureuse initiative à Vevey, les chocolatiers avaient mis à disposition des locaux et Pic-Pic avait offert une splendide auto à des Tommies qui purent ainsi s'initier à l'art de la mécanique et de la conduite!

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05/11/2008

CREUSEZ LES ALPES,

BILD0198.JPGQU'ON VOIE LA MER! Vous ne verrez pas la mer au Musée Historique de Lausanne au bout du tunnel en carton censé représenter la plus longue galerie ferroviaire du monde inaugurée en 1906 entre Brigue et Iselle.

En guise de mer, un sauna pour vous rendre compte des conditions de travail des mineurs. A proximité des caisses de Semplonite pour dynamiter la roche. Le creusement du tunnel aura nécessité  1 342 000 kilos d'explosifs.

19,8 kilomètres plus tard, la ligne du Simplon était ouverte.

Je me souviens du cinquantenaire. Les écoliers lausannois avaient été rassemblés le long du parcours du cortège officiel menant à Beaulieu. Ils devaient agiter un petit drapeau italien au moment du passage du roi. Mais était-ce vraiment le roi qui passa en trombe dans une grosse limousine?

Dans ces échos du Simplon - dont le percement commença du côté suisse il a exactement 110 ans, le 5 novembre 1898 - de nombreux documents illustrent l'importance de ce passage, fort usité depuis l'ouverture du tunnel du Loetschberg.

A noter que la route du col est en principe ouverte toute l'année depuis 1968.

Quelques modèles ferroviaires mis à disposition par la club Le Rail complètent l'exposition.

Ce club lausannois  d'amateurs ferroviaires fête son 60e anniversaire et il organise des portes ouvertes 

les 15 et 16 novembre prochains. Plan d'accès et détails sur leur site:

www.lerail.ch BILD0194_edited.JPG

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Reflets d'un centenaire

Celui du Simplon, le 20 mai 2006. Une composition historique des CFF emmenait les visiteurs à Domodossola.

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Une ligne qui enregistre un fort trafic de marchandises.

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23/10/2008

De l'urbanité exquise du Wattman (2)

wattman.jpgJ'ai vérifié. Le wattman n'est pas mort. Il figure encore dans le dernier Petit Larousse. Un adorable wattman anonyme est complimenté dans les genevoiseries de Julie . Marcel Proust dans le Temps retrouvé risque sa peau sur les rails d'un tramway malgré les coups de sonnette. Le cri du wattman le ramène à la réalité; enfin pas totalement puisqu'il reste figé sous les rires des wattmen.

Et pourquoi pas des wattmans, comme cela doit s'écrire depuis? Le mot est français. En anglais ont dit motormen. Pour éviter tout risque de confusion, les Canadiens les appellent des gardes-moteur. Et selon mes souvenirs de la ligne 9, de Renens à Lutry, les "tramelots" faisaient humblement le même travail. De nos jours, les wattmans (et wattwomans) se rencontrent surtout dans les fiches du travail intérimaire de l'A.N.P.E est dans les annales de jurisprudence lorsqu'ile commettent des abus qualifiés de priorité. 

Quant à Mistinguett, née au 5 de la rue du Chemin-de-Fer à Enghien-les-Bains en 1875 ( six ans avant le premier tram électrique du monde à Berlin, sans lequel le wattman n'existerait pas ) elle repose au cimetière de la même ville depuis 1956.

"Ah!"... les histoires de Gilles sous l'oeil émerveillé d'Urfer. Tirées en longueur avec les gestes. Asservi au rails, tout l'art du conducteur est une affaire de freinage et de défreinage. Il y a ce professeur d'Université bien mis qui a l'habitude de monter à l'avant de la motrice. Selon la mise en garde émaillée, il est interdit de parler au conducteur durant la marche. Mais au bout de quelques mois, sinon d'années de parcours communs, le dialogue s'installe et notre tramelot demande, au cours d'un ultime freinage, à Monsieur le professeur si ce n'est pas ennuyeux de faire toujours le même métier...

Les rires aux Faux-Nez se sont tus.  Les cyclistes ayant chuté sur des rails de trams se souviennent, mais la majorité des passagers du M2 risquent d'être imperméables à ce genre d'humour!

Gilles racontait aussi l'histoire du gars de Pully se trouvant à Moscou et qui. pris par le mal du pays, se rend au guichet pour le billet de retour. L'employé lui demande: "Pully Nord ou Pully Village?"

 RolleiiOne 068.jpgC'eut pu être un type de Corcelles p.P. , localité avantagée par ses deux  vraies gares. Il y a quelques jours, je me trouvais aux abords de celle de Corcelles Nord,  nommée la "longitudinale" avant d'être incorporée aux CFF. Non loin de là, un garde-meubles venant de casser sa pipe, se déroulait un vaste vide-grenier.

Dans cet énorme bric-à-brac,  sur un banc d'école sur lequel est gravé  "nous sommes en 1942", de vieux 78 tours sont entassés. Et des caisses de livres poussiéreux.

Mom oeil est attiré par L'Etape libératrice (au Soleil et sur les Monts) et ses 565 héliogravures.

                               (à suivre)

20/10/2008

Des trams rien que des trams

blonaybernina 082_edited.jpgPour une histoire de portes ouvertes, je me suis égaré  dans des considérations livresques fort éloignées du but de mon excursion. A savoir la ligne sanctuarisée du Blonay-Chamby où les trams circulent présentement avec une vitalité retrouvée.

(Sanctuaire: Fig. espace inviolable, asile selon le Petit Larousse). Bref, le dépôt de Chaulin nous livre de belles images. Celles d`'Urs Achermann que l'on peut contempler à partir de la page suivante sont simplement magnifiques:

http://www.blonay-chamby.ch:16080/bc3/news-bc/ 

On se réjouit déjà de retrouver ces anciennes à la prochaine saison. Pour ma part, je me contente de vous présenter ce tram joratois nostalgique.blonaybernina 063.jpg