12/12/2007

Temps de la retraite

Bienvenue au club, Monsieur B. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés à Berne vous étiez seul et vous aviez le regard sombre. Je me suis dit...

 

Bref, passons, non sans remercier Monsieur Couchepin de sa courtoisie et le féliciter de sa brillante réélection.

Tout est affaire de regard. Je n'oublierai pas celui de Robert Cramer ce matin lors de sa déclaration. "C'est un moment de pur bonheur!". Rien à ajouter. 

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Réflexion outre Sarine

Une amie et ancienne collègue m'écrit qu'à Berne ça sent le roussi. Elle croit que je coule une heureuse retraite.

 

A l'image de la Sarine, le tableau est plus contrasté. Le travail vous structure. Il faut lâcher prise, oser le vide pour rebondir.

Tout ce que l'on raconte sur la retraite n'est que chimères et vagues projections.

Ayant rencontré une oreille attentionnée, il m'est arriver de pleurer sur mon sort. C'est pourquoi j'affirme que les maîtres mots dans cette histoire, qui nous concerne, se nomment: résilience*, ajustement(s).

*aptitude à se reconstruire et à vivre de manière satisfaisante en dépit de circonstances traumatiques (Larousse 2008)

La Sarineée,

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09/12/2007

Tombe la neige

Errance moins solitaire. Je continue à écouter l'hommage à Georges Haldas dans la voiture. Flocons de plus en plus denses quand l'émission se termine. Cela tombe plutôt bien puisqu'on dit que quand il neige, c'est du silence qui tombe.

Neige qui s'épaissit sur la route. Vision restreinte. A Vuadens, un Saint Nicolas suivi de musiciens en noir me fait signe dans un virage. Demi-tour au frein à main pour dégainer ma béquille photographique et faire dans le pittoresque. Trop tard, le saint homme et sa clique ont fui dans un bar.

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Arrêt d'urgence

Mon vieux lilas qui avait déjà donné une fleur, voici cinq semaines (cf. la bougie de ma note sur la plus modeste fenêtre), n'attend plus le printemps. Ce dimanche, il se couvre de jeunes pousses.

Feuille de l'arbre, souvent donnée par Haldas pour exemple de la relation réciproque, vive. Cette relation vivifiante entre personnes qui, encore, définit la relation et la liberté.

Liberté vivable dans les choix qui s'offrent dans les nombreux peuvent être qui nous accompagnent. Peut-être inscrira-t'elle sa fille à ce cours de solfège, peut-être passera-t'il les fêtes chez sa soeur. Si, d'aventure la fleuriste est encore ouverte, nous pourrions acheter une étoile de Noël pour Tata Raphi...

Ces potentialités me rappellent LAUSANNE, le film réalisé sur le Boléro de Ravel par Godard. Une des premiers plans se passe sur l'autoroute à la sortie de la ville face au crépuscule. Arrive une Volvo de la police :"Vous ne pouvez vous arrêter ici... C'est dangereux. Ici, c'est la bande d'arrêt d'urgence. " Voix off de Godard: "Précisément il y a urgence... LE CINEMA EST EN DANGER."

Même urgence qui m'amène à photographier la jeune pousse de mon jardin, entre deux averses. Comme un témoin lui aussi en danger.

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Photo ratée

Photographier, au flash, un château alors que le ciel déverse un torrent d’eau et de neige, c’est évidemment courir à la perte de la photo. Photographe humide. Photo ratée, photo relais quand même.
Qui, de par sa technique, me ramène à une date bien précise. Une belle nuit d’été sur le bac qui me ramène en Suisse. Miroir du lac dévoilé par une imperceptible lumière. Appuyé sur ma voiture, je savoure un bain d’étoiles après la fatigue. Moment de sérénité interrompu par un éclair. Des touristes japonais impatients imaginent immortaliser ce moment en photographiant l’autre rive. Eclair dérisoire. Souvenir que la pellicule ne peut retenir. Au même instant, la radio annonce le décès d’Elvis Presley.
Souvenir extrêmement vivace de cet espace temps. Des psychologues ont tenté d’expliquer ce phénomène lié notamment au 11 septembre et à la destruction des Twin Towers. Pour ma part, je revois encore mon petit voisin, en cette fin d’après-midi, se lancer à vélo contre la ferme paternelle dans l’intention de la fendre. Ceci bien avant avoir vu les images en boucle… Les dates : 2001 et 1977 pour la mort du King. Mais ceci est loin de mon propos.
On peut rater une photo comme on peut rater sa vie. Ou même la perdre. Par manque de précaution et de savoir. Par inadvertance. Par lourdeur.
Je suis frappé par l’incroyable désordre qui se dégage souvent d’un véhicule accidenté. Petit caniche tué par le choc, sac éventré éparpillant d’inutiles trésors, journaux jamais lus parmi d’autres paperasses. Sans compter les objets bien plus lourds et plus dangereux traînant inutilement depuis longtemps dans le coffre et la carcasse. Quel poids et quel risque surtout!

« Le poids, c’est l’ennemi ! ». Vieil adage du sport automobile que je n’ai pas oublié. Ne pas s’encombrer. Aujourd’hui, je m’étonne de l’extraordinaire légèreté avec laquelle je voyage dans l'errance. Et surtout de la prudence avec laquelle je conduis. Avec sérieux en somme et une attention égale, sinon supérieure à celle des transporteurs et  autres pendulaires. Impression de faire un travail. Dans l’urgence et quasi en danger de vie. Impression encore de ne pas maîtriser : le but, c’est la route. Ne pas rater la bonne sortie, alors que j'ignore la destination du voyage. Ne pas se laisser distraire. Se méfier de l’imaginaire, de ses préjugés et de ses sensations personnelles.

C’est ici que l’on rejoint la photographie et son essence. Raymond Depardon :
« Il faut faire très attention à ses sensations personnelles, elles n’ont rien à voir avec l’expression photographique. Elles sont totalement différentes, un peu comme le discours amoureux. Ce n’est pas toi qui commandes, c’est l’autre. La photographie, c’est pareil, ce n’est pas toi qui commandes, c’est l’autre, c’est le sujet, c’est la lumière, c’est le moment, c’est le réel qui commande. »
Dont acte à l’image du château de Gruyères saisie cette nuit de décembre, dans l’urgence.

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