11/02/2010

Paul Bairoch 1930-1999

Une illustration qui, sur un blog brésilien, rend hommage à l'oeuvre d'un grand économiste du 20e siècle.vegetable-stall.jpg
Paul Bairoch nous a quitté un onze février, il y a onze ans déjà. Il faut lire et relire Paul Bairoch, historien de l'économie et auteur d'ouvrages essentiels traduits en plusieurs langues.  Il est l'un des rares historiens de l'économie à avoir observé l'influence des barrières douanières sur le dynamisme de l'économie.
Professeur à l'université de Genève de 1971 jusqu'à sa retraite, il enseigna notamment à Harvard et au Collège de France sur l'invitation de Fernand Braudel.
L’Institut d'histoire économique de l'université de Genève est dédié à la mémoire de Paul Bairoch, une personnalité éminente dans la discipline et qui a permis de renforcer la réputation internationale de l’histoire économique dans notre pays. Sa mémoire est également présente à Lausanne, dont l'université a pu recueillir, grâce à la générosité de Mme Arlette Bairoch, l'important fonds bibliothécaire du savant. Il répertorie les ouvrages et quelque 120 articles de Paul Bairoch. 
Une image qui illustre sa modestie, sa simplicité et sa méthode de travail. Avant d'embrasser une carrière universitaire, il travailla au GATT dans le secteur des fruits et légumes! Fin connaisseur de l'importance de l'agriculture pour le développement, il rompit une lance en faveur de son maintien ici et maintenant dans son ouvrage posthume. Les dernières lignes:
"... coût dérisoire pour avoir le plaisir d'admirer de plus beaux paysages,grâce notamment à des sentiers qui ne disparaîtraient plus, de traverser des villages florissants, de déguster des fruits, des légumes, des viandes et des fromages plus gustatifs et moins trafiqués, de manger un pain ayant plus de goût." 

09/02/2010

La faim

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N'oublions pas Haïti. Une image d'après-séisme publiée dans le nytime. Dans L'Enigme du retour , Dany Laferrière rencontre Gary Victor. Ils discutent de ce qui pourrait être le  sujet du grand roman haïtien. "On a d'abord passé en revue l'obession des autres peuples. (...) Pour les Européens, c'est la guerre (deux guerres mondiales en un siècle, ça marque un esprit). Pour nous, c'est la faim. (...) ...il est difficile d'en parler si on ne l'a pas connue. Et ceux qui l'ont vue ne sont pas forcément des écrivains. On ne parle pas d'avoir faim parce qu'on n'a pas mangé depuis un moment. On parle de quelqu'un qui n'a jamais mangé à sa faim de tout temps, ou juste assez pour survivre et en être obsédé. " 
Qui se souvient des émeutes de la faim de 2008? La Banque mondiale avait accordé une aide d'urgence de 10 millions de dollars, une goutte d'eau. L'écrivain Georges Anglade lançait ce cri d'alarme:
"Prendre conscience que nous entrons dans une crise aux manches longues, qui va bien vite révéler sa nature outrancière de famine, en attendant tout le cortège humiliant de la charité des humanitaires de la famine et le battage médiatique international. Se convaincre que cette crise-là, contrairement aux crises ordinaires qui se suivent et se remplacent sans attendre, est cette fois d'une nature autrement plus complexe, et qu'elle ne se satisfera pas de demi-mesures et d'effets d'annonce, d'incantations et de proclamations."
  Crûment exprimé, Haïti n'est pas sortie de l'auberge.
L'écrivain Georges Anglade et son épouse Mireille sont décédés à Port-au-Prince lors du séisme du 12 janvier 2010.
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(G.Anglade, le Devoir, Cdn)