18/02/2014

MUR-MURS

 

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C'est à voir et c'est une exposition internationale. Rien à voir donc avec un certain enfermement démocratique lourd de sens pluriels. Mieux vaut être seul que bien accompagné. Proverbe suisse dont on goûtera peu ou prou l'ironie selon le développement de son degré de conscience nationale...

Que voyons-nous? Des lés de papiers peints suspendus dans une minuscule chambre de bonne. Des restes, échantillons de vie, à la disposition de la servante. Nous sommes dans un château. La domestique emprunte symboliquement des morceaux de vie de ses habitants pour tenter de créer sa propre histoire. Un condensé de ressentis, libre à nous de l'imaginer à travers le temps.

Le château de Mézières FR, à une chevauchée de Romont, abrite le Musée du papier peint. Les tapisseries originales ont pu être conservées. Des installations (visibles jusqu'à fin mai) veulent être le lien entre tradition et modernité et une interrogation sur les évolutions possibles du papier peint.

Celui-ci a pratiquement disparu de nos appartements, plus pour des raisons pratiques que par effet de mode. Le visiteur sera bien inspiré de consulter la notice des artistes pour saisir leur démarche, forcément expérimentale par rapport aux beaux salons historiques de la demeure .

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EIKO OJALA, artiste estonien né en 1982,  adapte un papier peint du XIXe siècle au thèmes qu'il pourrait prendre aujourd'hui. Les plaisirs simples et bucoliques ont laissé leur place au consumérisme de notre époque. La jeune femme fait du shopping et promène son chien comme un accessoire de mode!

 

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DFuno 088.jpg www.museepapierpeint.ch  L'expo regroupe une trentaine d'artistes

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16.02.2014

 

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10/02/2014

Ralentissez !

C'était mieux avant. Et pour vous, c'est comment? Le sentiment de nostalgie et de la conscience du temps qui s'écoule est moins lié à l'âge et à l'expérience qu'à la prétendue disparition de certaines valeurs. Les valeurs mutent et ne disparaissent pas.

Accélération de l'histoire, déréalisation du monde, mondialisation économique (time is money) s'accordent à une plus grande responsabilisation individuelle. Individu pourtant démuni!

Vaste problème par les temps qui courent ! Mais, "Il y a plus à faire de la vie que d'augmenter constamment sa vitesse." (Gandhi). Quant'au sentiment nostalgique, loin "du bon vieux temps", il ne s'exprime jamais mieux que face à une autorité, une opposition à un ordre établi. Voyez les romantiques, voyez Mai 68...

Pas de liberté sans contraintes ? .  nov13 011.jpg

Foin de toute théorie, voici la meilleure lecture que l'on puisse trouver dans un kiosque de gare.

Un petit livre, tout de même près de 300 pages, fort précieux. Carl Honoré, un journaliste canadien ayant étudié l'histoire et l'italien à Edimbourg, l'a écrit voici une dizaine d'années. Nous prenons ainsi de la distance par rapport aux discours actuels sournoisement dominants d'une écologie mercantile. Les chapitres, du slow food au slow sex en passant par la mobilité, l'urbanisme, ... ,l'éducation et le monde du travail sont "evidence based" ce qui n'exclut pas l'humour.

La traduction de Sophie Artaud est remarquable. Fait rare pour un poche, l'éditeur ( poche-marabout. fr) a assorti l'ouvrage de sa bibliographie et d'un index.

On y apprend notamment que Bridget Driscoll fut le premier piéton a être tué par une automobile. Elle roulait à 7 km/h. C'était à Londres en 1896. Huit ans plus tard, le Parlement britannique initia la guerre contre la vitesse.

 

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Hormis l'intérêt personnel que l'on y peut trouver , ce livre est une contribution intéressante à l'histoire économique contemporaine.

Deux citations à l'appui de sa lecture:

Il y a plus à faire de la vie que d'augmenter constament sa vitesse.

A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on oublie l'urgence de l'essentiel.

                                                               Gandhi et Edgar Morin