16/09/2013

Albert Jacquard

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1925 - 2013

La librairie francophone (La Première, samedi 21 septembre, à 17h) reviendra sur la carrière du grand savant et humaniste. Ayant publié plus de cinquante ouvrages, "il restera dans nos mémoires"...

Dans la mienne en particulier pour des raisons bien singulières et aléatoires. Souvenir d'un vieil auditoire à l'université de Genève où de rares étudiants tentaient de suivre, plutôt mal que bien, un cours d'anthropologie humaine. A ma droite un "vieux monsieur" semblait y prendre goût.

Albert Jacquard sera nommé professeur invité de l'université. Il venait de publier, à 45 ans,  Structures génétiques des populations (1970). Bref, un étudiant fort différent de nous autres égarés dans le champ de l'histoire économique. A la fois différent et semblable...

Cette vivacité du souvenir me frappe. Certes, la médiatisation du personnage a contribué à la persistance de cette image, sans doute renforcée par son profil singulier, conséquence physionomique d'un drame de la route en 1934 où il perdit un frère et ses grands-parents.

Rayonnement d'un regard--- A propos de cette rencontre (silencieuse), j'ai envie de parler de résilience en tant que processus permanent. D'abord, ce brillant mathématicien et polytechnicien perdu dans sa tour d'ivoire, ensuite le généticien de pointe (à l'âge de 45 ans), enfin le vulgarisateur et le  philosophe humaniste engagé dans l'action sociale que l'on connaît.

Dont voici une citation: "Il faut prendre conscience de l'apport d'autrui, d'autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande."

C'est ainsi que le monde est petit. Paul Bairoch autre grand savant en étudia les victoires et déboires. Son fils Amos s'illustre dans le recensement des protéines. Elles jouent un rôle déterminant dans l'ADN et la génétique humaine. Rien ne se perd; une boucle est bouclée !

 

 

 

 

 

01/09/2013

"Augmenter le personnel humain..."

Rapportée suite au dernier effet d'annonce des CFF, en relation avec la collision de Granges-Marnand, cette petite phrase a de quoi faire tiquer. A croire que l'ex-régie fédérale dispose de personnel inhumain ou encore que la majorité de ses employés fonctionne comme du personnel-machine...

Une hypothèse non dépourvue de fondement, vu la monotonie des tâches actuelles des conducteurs de trains propice à l'assoupissement. On est bien loin de l'époque où un aide-mécanicien annonçait la couleur de chaque signal. Hérité de la vapeur, la formation d'un mécanicien, faisant corps avec sa machine, s'étendait sur de longues années. Au cours d'un même tour de service, un mécanicien pouvait diriger un convoi de marchandises à bord d'une crocodile, puis un omnibus sur une Ae3/6 et enfin un direct sur une Ae4/7. Grandeur et servitude d'un métier.

Rêve de gosse. Conduire l'une de Nos Locomotives. Opuscule d'une centaine de pages, lu et relu, et que l'on pouvait acquérir pour deux francs septante en 1950 et dont les multiples détails se fondirent en mythe. "... c'est un beau métier pour qui l'aime et ne craint pas les responsabilités, car il n'est pas toujours facile et simple à exercer ! Tu as déjà entendu ce viel adage disant que le mécanicien a continuellement "un pied dans la tombe et l'autre en prison".

Rêve qui se concrétisa dans un modeste train miniature. Raison pour laquelle nous savons qu'une aiguille peut être talonnée comme sur la ligne de la Broye (photo)...

Le rapport final sur les causes de l'accident de Granges-Marnand sera connu d'ici un an. D'ici là, des améliorations ont auront été apportées sur le réseau de la Broye. Quant à la monotonie du travail (et la résignation qui en est la conséquence), elle provient de la scission, irrémédiable, du trafic marchandises et du trafic voyageurs.

C'est ainsi qu'Allah est grand. Comment conclure sinon avec la formule rituelle d'Alexandre Vialatte dans ses chroniques de La Montagne?

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Un geste qui tend à disparaître des lignes CFF

Légende et photo tirée de l'ouvrage sur le centenaire de la ligne de la Broye (1976 !).

A l'époque, la gare de Granges-M. disposait encore de trois agents. Au guichet, on y vendait 50 billets par jour... Les critères de rentabilité ont évolué et le personnel humain a disparu !