28/10/2012

Dernières marguerites avant déluge

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Paysage infini de ciel et de terre. Un ciel qui se défile et qui se déprime, cédant devant la montée de la brume. Confusion au-dessus du Mont Dar et du chemin des Neigeux le bien nommé. Soudain l'ondée et bien plus la neige irrévocable.

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Sur la terre au repos des mortes saisons, marguerites esseulées, deux frêles composées paraissent se consoler. Parce qu'elles savent.  "Il faut savoir fleurir là où Dieu nous a placé"  disait la non moins fragile France Quéré.

Sous une dernière brise, leurs tiges font un étrange et indicible pas de deux dans l'immense jardin  qui sera bientôt recouvert. Sous l'urgence, il faudrait être poète, comme monsieur Bobin qui délaisse les majuscules. Il aime seulement les minuscules. Dans l'homme-joie , il nous dit qu'aucune philosophie du monde n'arrive à la hauteur d'une seule marguerite. II nous parle aussi, dans son dernier recueil, de  l'irrésistible Glenn Gould et note à la main quelque confidence:

- J'ait fait la course sur la terrasse avec une fourmi et j'ai été battu.

Alors je me suis assis au soleil et j'ai pensé aux esclaves milliardaires de Wall Street.

Quand je serai poète, j'écrirai le mot pédoncule qui plaît à ma petite-fille. Mot rare appris dans les Leçons de Chose, ouvrage que me prêta l'enseignement primaire et qui ne fut que rarement étudié par manque de temps, déjà.

A la Chaux-De-Fonds, le lendemain matin, ce ne sont plus elles que l'on ramassera à la pelle.

Et des luges, il y  aura !

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vendredi 26 octobre 2012

14/10/2012

Interdit aux lève-tard !

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Mieux vaut se lever de bonne heure!

Et, si possible être gonflé à bloc...

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A  Estavayer-le-Lac, à l'aurore...

12/10/2012

Les petites phrases

dans le journal, les dernières gouttes d'un article qui font tout l'intérêt de sa lecture.

Au Vénézuela, Hugo Chàvez rempile pour six ans après des élections sans incidents. Une Vaudoise qui faisait partie de la commission internationale de surveillance du scrutin livre ses impressions: "... De plus, depuis vendredi jusqu'à lundi, la vente d'alcool était interdite dans tout le pays, afin d'éviter les débordements.", se félicite Ada Marra.

Tiens, et si l'on faisait de même ici? Pour un coup, histoire d'éviter quelques bitures express et jets de bouteilles et de réveiller les consciences. Effet de surprise garanti! Christoph Buechi, qui n'aurait plus à se plaindre de l'odeur d'urine à la gare de Lausanne à l'aurore de son excursion dominicale vers l'air pur des montagnes, pourrait se fendre d'un bel article dans la NZZ.

Mais, je vois bien que cette proposition n'est qu'une Schnapsidee. On voit déjà la réponse des partis: contre-productif, inadéquat, antisocial, inapproprié, discriminatoire...

Dimanche sans alcool ou sans essence.

La dernière page du même 24Heures me rappelle  que le 18 novembre 1956, le Conseil fédéral avait imposé le premier dimanche sans voiture.

Etonné que son souvenir soit  resté gravé en moi, jusqu'à ce silence rompu par une pétarade. Une Goggomobil descend depuis la Caroline lorsque un agent en faction l'arrête devant l'Hôtel de la Paix. La voiturette a des plaques allemandes. Après avoir expliqué les raisons de l'interdiction au conducteur, notre pandore le salue, selun l'usage, en portant sa main à hauteur de sa casquette. C'est alors que mon Allemand se fige dans un garde à vous saisissant accompagné d'un claquement de talons sonore.

On ne plaisantait pas avec le règlement en 1956.

10/10/2012

Aimez-vous Scriabine ?

Ceux qui n'aiment pas sont soit jaloux, soit trop prudes.

A propos, avez-vous déjà songé à vous métamorphoser en piano ?

Un enregistrement au Santa Fe Chamber musical  festival (2010)

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03/10/2012

GLENN GOULD, trente ans après

Never born never died
Only visited this planet Earth
between September 25, 1932
and October 4, 1982
 
Trente ans déjà depuis que ce poète à la vie inspirante a refermé son piano. Un style oû la musique est aussi silence, comme on peut le sentir dans ce prologue dont on peut dire que ce n'est plus du Beethoven mais du  Gouldhoven !
On le voit ici sur sa légendaire chaise usée aux pieds sciés qu'il trimballait partout. A l'âge de 32 ans, il décida d'arrêter tout concert public pour se consacrer uniquement à ces enregistrements qui nous fascineront encore et toujours.
 

Interprétation clé de voûte entre le baroque et le classique. Nous voilà dans l'infini... Rien à ajouter. Mais voici que je pense à cette jeune femme d'un magasin de vivres d'Estavayer-le-Lac qui me dit ceci qu'elle avait lu dans un livre:

"Qui n'aime pas la mort, n'aime pas la vie".

L'autre dimension de l'espace-temps, ici et maintenant, dans cette épicerie, comme une allusion aux notes de Gould: plus par nécessité que par  hasard, ses enregistrements de Bach ont été envoyés vers l'univers dans le vaisseau Voyager !

Grâce aux images de Bruno Sauvaigeon, prises un an avant sa mort, nous avons un magnifique témoignage de son art. Bach, Goldberg et Gouldberg !

En dépit des apparences, il convient d'enlever cette étiquette collant à Gould: autiste ! Syndrôme d'Asperger si vous voulez, car il avait des capacités sensorielles dépassant celles du commun des mortels.

Son choix de quitter la scène en 1964 était parfaitement délibéré. Hors de tout esprit de compétition et sans mépris du public qui pouvait voir en lui un animal de cirque, il avait fait le choix de la "electronic way", celle des enregistrements pour notre plus grand bien.

Toutefois, je me demande si l'incroyable succès de ses concerts moscovites de 1957, en pleine période de déstalinisation, n'a pas été un élément décisif de son choix: comme un vertige quant au pouvoir de la musique sur une société en recherche...

Un avis que partagerons ceux qui pensent que son héritage a fait de la terre un endroit plus vivable. 

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