03/10/2012

GLENN GOULD, trente ans après

Never born never died
Only visited this planet Earth
between September 25, 1932
and October 4, 1982
 
Trente ans déjà depuis que ce poète à la vie inspirante a refermé son piano. Un style oû la musique est aussi silence, comme on peut le sentir dans ce prologue dont on peut dire que ce n'est plus du Beethoven mais du  Gouldhoven !
On le voit ici sur sa légendaire chaise usée aux pieds sciés qu'il trimballait partout. A l'âge de 32 ans, il décida d'arrêter tout concert public pour se consacrer uniquement à ces enregistrements qui nous fascineront encore et toujours.
 

Interprétation clé de voûte entre le baroque et le classique. Nous voilà dans l'infini... Rien à ajouter. Mais voici que je pense à cette jeune femme d'un magasin de vivres d'Estavayer-le-Lac qui me dit ceci qu'elle avait lu dans un livre:

"Qui n'aime pas la mort, n'aime pas la vie".

L'autre dimension de l'espace-temps, ici et maintenant, dans cette épicerie, comme une allusion aux notes de Gould: plus par nécessité que par  hasard, ses enregistrements de Bach ont été envoyés vers l'univers dans le vaisseau Voyager !

Grâce aux images de Bruno Sauvaigeon, prises un an avant sa mort, nous avons un magnifique témoignage de son art. Bach, Goldberg et Gouldberg !

En dépit des apparences, il convient d'enlever cette étiquette collant à Gould: autiste ! Syndrôme d'Asperger si vous voulez, car il avait des capacités sensorielles dépassant celles du commun des mortels.

Son choix de quitter la scène en 1964 était parfaitement délibéré. Hors de tout esprit de compétition et sans mépris du public qui pouvait voir en lui un animal de cirque, il avait fait le choix de la "electronic way", celle des enregistrements pour notre plus grand bien.

Toutefois, je me demande si l'incroyable succès de ses concerts moscovites de 1957, en pleine période de déstalinisation, n'a pas été un élément décisif de son choix: comme un vertige quant au pouvoir de la musique sur une société en recherche...

Un avis que partagerons ceux qui pensent que son héritage a fait de la terre un endroit plus vivable. 

21:09 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : glenn gould | |  Facebook |

Commentaires

Merci pour ce rappel.

Sous ses doigts j'entends chez Bach une limpidité émouvante.

Écrit par : hommelibre | 05/10/2012

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