10/11/2010

Limites du virtuel et du numérique

DSC_0014.jpgLa petite photographe inconnue, née à l'ère du tout numérique, dont je fus la proie consentante, m'amène à de curieuses constatations.

Je l'ai déjà dit, nos photos se perdent dans la galaxie du numérique. Quant à son portrait, il a été pris avec le consentement parental tacite.

Cela étant, je dois avouer qu'il serait préférable que sa famille ne tombe pas sur mon blog. Elle serait étonnée du sens des caractères cyrilliques de mon précédent post: je les ai copiés d'un commentaire pourriel qui vantait des produits pour l'industrie automobile sur un tout autre billet! 

Pêché avoué est à moitié... Cela illustre toutefois une des conditions-limites de l'objectivité et de l'honnêteté d'une photographie ou de son photographe.

Il y a explosion des appareils et des photographes de plus en plus jeunes. On les appelle toujours des amateurs. Les apprentis sorciers ne dérangent nullement les grands professionnels. Il est par ailleurs reconnu que cette multiplication d'images peut être un garant d'objectivité. Sur un autre plan plus esthétique, François Darmigny, que l'on a pu rencontrer au Salon de la Photo, considère que cette popularité est bénéfique pour l'évolution de la photo. Concentré sur ses projets, il n'a pas de photos à son domicile... Le passé, ses archives ne l'intéressent qu'indirectement.

Et vous, que faites-vous de vos images?

Cartier-Bresson disait:"les photos ne vont pas sur des murs, elles vont dans des albums". C'est déjà une suggestion et probablement de bon conseil si l'on songe (et l'on ne fait qu'y songer) à la conservation durable des images.

Un sujet brûlant et trop complexe pour ma pomme! Les touristes de l'empire du soleil levant ont peut-être plus d'expérience et une solution. Emportant leurs souvenirs numériques, ils prennent le soin d'en ancrer un, bien concret, sur la Seine au moyen d'un cadenas.

Quitte à revenir en confiant la clé à l'élu(e) de son coeur? 

J'ai fait la photo, sous réserve de la légende urbaine!

 

DSC_0010.jpg
Enfin, mes deux vignettes que j'ai voulu enjoliver pourraient témoigner de cette nécessité fondamentale de créer du lien.
Cadenassage sur la Seine - Des éternels regards l'onde si lasse ... Les jours s'en vont je demeure ...
De même, il me semble essentiel de préciser que la séance photographique avec la fillette se passait sous la lumière devant Notre-Dame. En d'autres lieux moins passants, moins magiques et si nous avions eu la même langue maternelle et le même appareil, la photo ne se serait pas faite!
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Tout ce qui passe nous dépasse et nous relie à la fois.
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Le temps prenant l'allure du long fleuve tranquille, le lieu d'une religion qui conserve un sens dans le présent unissant d'une communion qui ne dit pas son nom, l'action même des passants devenus des êtres passeurs.
 
Et vous? Avez-vous cela sur votre télévision par câble?
Et sur Facebook?
6.11.2010

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