18/08/2010

Cachez ces enfants que je ne saurais voir

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Encore une tartufferie...  Voyez ces visages d'enfants floutés particulièrement présents sur certaines chaînes vouées au reality show. Des images qui me dérangent, bien plus encore que le fait de présenter les prises de vue à l'envers comme dans un miroir afin que l'on ne puisse lire la publicité (non payante!).

Du baclage... Certes, il y a le droit à l'image. Difficile à établir et qui exige (du moins en France) que toute image d'un mineur présuppose l'accord écrit préalable des deux parents.  Un droit qui vient modifier insensiblement et en profondeur les médias peu enclins à être traduits en justice. Mauvais temps pour le photographe appelé à louvoyer entre le droit et le respect de la personne. Finie la photographie humaniste à la Cartier-Bresson, Ronis!

Ce droit parental sur leurs rejetons a également pour effet (pervers) d'en faire des vedettes (distribuées par les grandes agences). Ainsi, lorsque le quotidien La Liberté emprunte une telle image dans un article, elle est légendée  comme il se doit image prétexte.

Mieux vaut éloigner les enfants lors d'un tournage que les flouter...  

Un malaise qui ne relève pas seulement de l'esthétique! A force de cacher ces enfants que l'on ne saurait voir, c'est l'enfance même qui tend à disparaître.

Ne plus voir d'enfants, c'est aussi et d'abord empêcher les enfants de voir!  On les conduit à l'école, en 4/4, en bus, encolonnés en pédibus, etc. On me dira que les temps ont changé. Certes. L'époque ou nous étions, en tout bien tout honneur, tous enfants de la rue est bien révolue. Nous apprenions à lire, bien avant l'école, dans les garages (des geugots et panards qui deviendront Peugeots et Panhard grâce à l'instruction publique).

Mon billet étant et pour cause difficilement illustrable, je me suis rabattu sur un sujet charmant et pourtant plus que délicat. Une petite d'une maman sans papier demande à Michelle Obama si elle allait être chassée des USA... 

Scène inimaginable dans la vieille Europe? J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec une jeune et talentueuse JRI (journaliste, reporter d'image) de La Télé valdo-fribourgeoise. Très au fait de la problématique, elle doit jongler avec des pratiques et des tolérances qui diffèrent d'un canton à l'autre. Le bon sens l'emportant, à mon avis, sur Fribourg. Mais pour combien de temps encore?

Conclusion de mon interlocutrice, Carole Pantet: "C'est quand même paradoxal qu'il faille la signature du parent pour figurer sur une photo de classe, alors que l'on peut se prostituer librement à partir de seize ans..."

 

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