04/01/2010

Albert Camus

Camus par Karsh.jpg

 

Le 4 janvier 1960, j'allais sur mes quinze ans, Albert Camus se tuait dans un accident de voiture. "Mort absurde", il occupait la place du mort dans la Facel Vega de 253 CV que son ami Michel Gallimard venait d'acquérir.

Banal accident au Petit-Villeblin dans l'Yonne, aussi stupide que celui de James Dean cinq ans auparavant. Mort absurde: Camus avait son billet de retour pour Paris dans la poche.

 J'avais vu les photos dans Match comme celles de Françoise Sagan au volant de son Aston Martin. Je n'avais ni lu Bonjour Tristesse, ni l'obligatoire Etranger.

Un jeune Prix Nobel  (47 ans)s'écrase contre un platane! Pour entrer dans la mythologie de la bagnole. Jérôme Garcin nous rappelle, 50 ans après, que Camus détestait la vitesse et qu'il est tout aussi absurde de la faire entrer dans le peloton des casse-cou du volant.

Romantisme d'un autre temps. Les mythologues rappellent la mort brutale de Roger Nimier deux ans plus tard sur l'A 13. J'ai failli le confondre avec Roger Vaillant, amateur de Jaguars et nonobstant victime de la fumée qui tue, que l'on retrouve dans L'Eternel sentit une odeur agréable de Chessex.

Dans mon imagerie personelle s'ajoute une Gulia enfoncée contre un arbre. C'était Hugo Koblet, en 1964. J'avais mon pemis de conduire, quelques mois avant Sheila... (Salut les copains  annonça la nouvelle vers 15 heures, un jour de printemps).

"L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde" écrivait Albert Camus dans Le Mythe de Sisyphe (1942).

Rien de plus absurde qu'un arbre à nos yeux. Pour notre génération, Camus était un écrivain mort, loin du Panthéon et de la fausse bonne idéée de Sarkozy. Ecrivain engagé, "moins engagé que Sartre". Nous avions besoin d'un modèle, d'un chef de file. Je m'étais abonné aux Temps Modernes; je les revendis à bon prix à la Librairie Marguerat (pobablement l'équivalent d'un plein d'essence).

Alors, cinquante ans après sa disparition, Albert Camus demeure un contemporain à découvrir dans un monde bavard de plus en plus muet. Le remarquable entretien d'Etienne Barillier avec Michel Beuret dans la revue de l'Unil Allez savoir ! nous plonge dans l'actualité d'un grand écrivain face à "la servitude volontaire" envahissante.¨

Le document PDF  est en ligne.

acaccident.jpg

(crédits: Karsh, ?, Blick)koblet.jpg

00:42 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : camus, barillier, sartre | |  Facebook |

Commentaires

P.S. : pour ceux qui trouvent Google génial et qui croient aux chiffres: Camus mène contre Sartre par 8 millions de citations contre 4 millions !

Écrit par : blagueur | 04/01/2010

"Camus mène contre Sartre par 8 millions de citations contre 4 millions!"


Peste soit de cet étranger de Camus qui mouche Sartre qui ne dit mot!

Ou serait-ce plus juste de dire qu'il s'agit du malentendu de deux hommes révoltés, possédé chacun par le diable et le bon dieu, ou encore par une mort heureuse ou une mort sans sépulture?

Écrit par : Peresiffleur | 04/01/2010

A l'heure où les disputes sur l'absurdité du transfert de ses cendres font encore parler d'elles, il était bon de rendre hommage au Prix Nobel de Littérature 1957.

Écrit par : Princesse | 05/01/2010

Les commentaires sont fermés.