01/11/2009

Littérature et vélocité dans un rucksack

L'unique GP automobile de Montreux ne me laisse pas. Par les détours du net, je suis conduit vers un texte du bibliothécaire de la commune de Brescia accompagné d'une photo montrant un sac de montagne de l'armée suisse. Le sac est accroché à une auto et me rappelle une mienne photo.

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Très belle Alfa participant à la montée historique du Marchairuz avec ses roues jumelées et à l'effigie du  cheval cabré de la Scuderia Ferrari. Petit détail, contemporain, mais pas d'origine: les sacoches de cuir provenant de la cavalerie suisse... Récup, comme le rucksack ! Avec le Net et une voiture originale, l'anonymat des déplacements n'est plus garanti. Il est vrai que la belle portait encore la marque des Mille Milles 2009...
Mais revenons à Montreux et à la littérature. François Nourrissier, dans Un petit Bourgeois, se remémore avoir parcouru  la rectiligne entre Clarens et la Tour à plus de 180 km/h. Plus tard, avec l'âge et les limitations, l'illustre membre de l'académie Goncourt  fera la subtile distinction entre vitesse et rapidité. La seconde étant une manière d'avancer sans traîner qui s'apparente à l'eco-drive.
 En route, je pense souvent à cette distingo, bien que je ne puisse plus  en citer la référence. Alors que le texte d'Ennio Ferraglio (le bibliothécaire) sur le rapport entre livre et vitesse me porte déjà plus loin. Traduisons:
"... Aucun moyen mécanique ne peut dépasser ou même égaler la vitesse de la pensée quand elle est stimulée par les mots d'un livre. "
Lecture à haute voix comparable au bruit d'un moteur pour notre auteur. "Cela dit, la comparaison avec les livres et la lecture ne me paraît pas hasardeuse. Le lecteur accomplit une expérience similaire à celui qui expérimente la vitesse pure. Tous deux accomplissent une action qui n'est pas étroitement liée à l'utilité telle qu'on l'entend. (...) L'inutilité pratique d'aller vite et l'inutilité pratique de la lecture sont étroitement liées, comme l'inutilité de la peinture, de la musique et de la culture des bonsaïs; mais, c'est au travers de cette "inutilité" pratique que nous engrangeons les aliments qui nous permettrons d'affronter l'hiver de l'esprit."
Vero e ben trovato, je vous dis!
Campioni
Ennio Ferraglio

Responsabile del Settore Biblioteche del Comune di Brescia

(traduzione e fotos da blagueur)

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