02/07/2009

Quand j'entends le mot culture,

je sors mon portemonnaie.

La culture se débat et elle a  bien raison de se débattre, prise en étau entre promotion et consommation. Plus on en parle, plus elle semble nous échapper. Alors? La culture comme la confiture? Plus on en a, plus on l'étale et plus elle nous submerge.

C'est bien cette surabondance de l'offre culturelle qui, pardoxalement, nous fait croire à sa disparition.

La création artistique s'accomplit toujours dans la lenteur, alors que les médias obéissent à de toutes autres contraintes.

Visibilité, efficacité, rapidité ne constituent pas forcément les meilleurs critères pour le plouc que je suis. 

Un produit culturel n'est pas un produit comme un autre. Il a sans doute aussi son prix, mais  il n'a pas de date-limite de péremption. Bien au contraire, son vieillisement ne pourrait que l'améliorer.

Contrairement aux apparences, la culture n'est pas une espèce en voie de disparition. Par essence (et pour quantité de raisons d'ordre pratique qu'il faudrait examiner), elle semble échapper à l'actualité pour se développer dans un autre espace temporel.

En d'autres termes, je reprendrai les mots attribués à Cocteau à propos d'un verbe difficile à conjuguer,le verbe aimer. Dont l'éqivalent, hélas un peu obsolète, serait cultiver. Pensons simplement à la culture. Comme l'amour:

son passé n'est pas simple,

son présent n'est qu'indicatif,

et son futur est toujours conditionnel.

 

 

(Un conditionnel désormais de plus en plus conditionné par l'emprise de l'ensemble des médias électroniques...)

Réflexion alimentée par l'émission Médialogues du jour à la RSR et notamment une prise de position de Suisseculture sur la disparition des critiques dans la presse:

 

Suisseculture contre la disparition de la chronique culturelle

Réunie à Berne le 2 juin 2009, la conférence des présidents de Suisseculture, la communauté de travail des auteurs professionnels, s'est penchée sur la lente disparition de la chronique culturelle dans les médias. Suisseculture estime que si la création artistique n'est plus accompagnée d'une critique informée, ce n'est pas seulement le travail créatif qui se trouve en danger existentiel mais l'identité culturelle même de la société civile. L'art et la culture sont des valeurs qui ne peuvent pas seulement être déclarées faire partie de la société sur le mode du moulin à prières, ce sont des valeurs qui exigent le dialogue avec le public, requièrent aussi la communication et la réflexion. La Suisse plurilingue et multiculturelle n'a d'avenir que si le discours public sur l'art et la culture n'est pas sacrifié à la situation financière précaire de nombreux médias. Les instances politiques sont aussi priées d'intervenir sur ce plan. La disparition imminente de débat durable avec la création actuelle pourrait se retourner contre notre société comme un boomerang fatal. C'est la raison pour laquelle Suisseculture invite fermement les médias, les milieux politiques et la population à prendre position et à s'acquitter de leur responsabilité propre de citoyens, de représentants du peuple et de faiseurs d'opinion.

Commentaires

Ne t'inquiètes pas, l'ombre du médiocre ne fait qu'accroitre l'évidence du beau, pour tous, sans s'y tromper. J'ai encore confiance dans la critique personnelle du plouc même dérouté par les proc sénetes de l'art mondain. les médias ne peuvent pas faire d'audiance avec du faux.Les belles rencontres artistiques se font off, et l'art est bien présent pour qui veux le chercher.

Écrit par : aline | 03/07/2009

Teufel, pendant que Suisseculture (aber warum cet accollement?) se préoccupe de la survie des critiques, les os de beaucoup d'artistes, ces dinosaures, blanchissent au soleil dans le désert de leur statuten! Himmelkreutzsakkrament! C'est linversion!

Écrit par : redbaron | 04/07/2009

Les commentaires sont fermés.