20/02/2009

Sur le "passé trouble" de Payerne City

cathVD 002_edited.jpgLe crime nazi relaté par Chessex réapparait sur le blog de J-M. Olivier ainsi que sous la plume de Jean-Louis Kuffer. Règlement de comptes ou curieux combat de chefs. Après quelques décervelés critiquant un livre qu'ils ne liront jamais, il semblerait qu'on puisse  désormais laisser planer le doute sur un prétendu plagiat de notre glorieux auteur.

Un Juif pour l'exemple n'est sans doute pas som meilleur livre. A la suite de Jankélévitch, l'auteur le reconnaìt (page 70): "J'ai honte..."

Enfin, "on apprend" que Jacques Pilet a commis un livre éponyme sur le même sujet en 1977. 32 ans après la fin de la guerre. La TSR va maintenant rediffuser l'admirable film d'Yvan Dalain (et de J.Pilet). Le succès médiatique de l'ouvrage paru chez Grasset (32 ans après !) y est sans doute pour quelque chose.

Jacques Chessex s'est exprimé ainsi sur le travail de l'autre Jacques: "À aucun moment du livre, ni du Temps présent de l’époque d’ailleurs, on ne comprend que ce crime dépasse Payerne et qu’il s’agit vraiment du début d’Auschwitz. »

Affaire de génération! C'est oublier le contexte. Souvenez-vous du Chagrin et la Pitié film fleuve du début des années 70 montrant Clermont-Ferrand sous l'Occupation. Produit par Charles-Henri Favrod, financé principalement par... Georges Simenon!, l'oeuvre décriée que l'on tenta de couler devint un immense succès en France. Ce qui n'empêcha pas son producteur de découvrir une hargne absolument épouvantable et de devoir affronter un âpre moment de sa vie en tant que témoin de l'Histoire. *

D'accord avec Pilet, le devoir de mémoire doit se faire "dans les têtes", devoir permanent donc. Il faut par conséquent saluer l'exposition actuelle des élèves de David Bonny Auschwitz - la fin du voyage. Edifiante et visible les dimanches (10 à17h) et les jeudis (16h30-19h) au Gymnase de Payerne. Fruit d'un voyage d'étude, la rencontre entre cette expo, visible jusqu'au 7 mars, et un "bestseller" est purement fortuite!

Enfin, pour donner suite (d'ici 2041, dans 32 ans!) à l'idée première de Chessex, on peut rappeler aux édiles de Payerne que le lieu du crime a été transformé en parking et que les immeubles attenants ont été rachetés par la commune "". La possibilté d'y créer un Jardin du Souvenir, de la Paix ou de la Réconciliation (Wiedergutmachung) ne s'efface pas d'un coup de balai!  

* Patrick Ferla, La Mémoire du regard Charles-Henri Favrod , Favre 1977

** parcelles 231 (le jardin des deux Jacques?), 232, 233 !

 

satan 011.jpg

22:31 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : payerne, chessex, tsr | |  Facebook |

17/02/2009

DEPARDON et les accidents de la Connaissance

LA TERRE.JPGDrôle de titre pour assurer une transition avec mon précédent billet. Les trains à la carte, c'est du passé! Et nous sommes tous devenus des sédentaires! Allusion à un débat entre Paul Virilio et Raymond Depardon à la Fondation Cartier et à l'exposition Terre natale (et fatale) qui s'y tient jusqu'au 15 mars.

Débat quelque peu intello (à réécouter sur le site de la Fondation) devenu soudainement très concret, jeudi 12 février à 23 heures et 3 minutes, en gare de Fribourg. A l'occasion d'un ratage de correspondance impossible. Les voyageurs connaissent bien le couperet de l'aiguille des minutes voulu par le systéme. Quand l'autre train part à 23h 03 pile, vous êtes faits comme un rat. Inutile de se plaindre et à qui? Disparu le chef de gare et son bon sens. Ecrire aux CFF? Ils vous répondront qu'il faut 5 minutes de battement et que cela... alors que 60 secondes auraient suffi...

Je me suis donc retrouvé  nomade en pleine nuit. (Les nomades sont ceux qui ne peuvent être ou qui ne sont plus connectés au système qui nous gouverne et bien plus que nous le croyons, ce qui permet à Virilio de parler des accidents de la connaissance). Et dont je suis ici victime.

Des écrans bleu m'indiquent que je peux revenir sur mes pas, en l'occurrence repartir sur Genève. Assez absurde (d'autant plus que des raisons intimes m'interdisent d'inverser ou de confirmer, je ne sais plus, le sens de La Modification de Butor).

Je revenais de Carouge GE où j'avais assisté dans les meilleures conditions à la projection de La Vie moderne au cinéma Bio. Le film de Raymond Depardon, qui relate la vie des derniers paysans des Cévennes, what else?, jouit d'un succès d'estime tout relatif. La disparition du monde paysan, c'est pas très sexy aux premiers abords et c'est même tarte à la crème. (Comme on a le temps de réfléchir dans un train, je crois bien que le fameux rapport Mansholt sur la diminitution des actifs dans le secteur primaire, et qui fit scandale, va sur ses quarante ans...)

Chef d'oeuvre pour les uns, chef d'oeuvre absolu pour moi. Depardon a réalisé le film de tous les risques. Dix ans, une seule prise à un peu plus d'un mètre, extrêmes limites. Certaines séquences appartiennent définitivement à l'Histoire du cinéma. Et ce n'est pas Godard qui me contredira! Curieusement, on s'aperçoit après coup et, en premier le réalisateur, que l'on est en présence d'une nouvelle mort du cinéma. Impossible d'aller plus loin. Que tout est affaire de langage, "langage occitan, du passé... ou peut-être de l'avenir? ...Je ne sais pas?" (R.D). l

Les philosophes qui s'interrogent sur la Terre natale et fatale penchent pour la seconde hypothèse. Moi, j'ai fini par prendre un taxi. Puis le parti des philosophes.

Conversation avec en filigrane la voix d'Etienne Fernagut et de sa Ligne de coeur. Celle qui nous rassure parce qu'elle évoque les plus malheureux que nous? Mon chauffeur pense à ces enfants handicapés qu'il transporte quotidiennement. Rassurés par des aléas qui nous replacent à l'intérieur de nos propres limites? Quand le prix du carburant augmente, on part plus longtemps à la pêche (non pas aux clients mais aux poissons en Gruyère!).  

Et nous voilà déjà arrivés, devant ce restaurant "où l'on mange si bien" mais qui est fermé depuis dix ans. Il est à vendre, mais n'a pas été vendu: les pancartes ont été arrachées par la dernière bourrasque. Ainsi va la vie... 

 

09/02/2009

Trains animés à la carte

Les trains sont pratiques, ce qui n'empêche pas l'aspect ludique. Surtout lorsqu'il est possible de les emprunter à domicile grâce à un site particulièrement fûté imaginé par Robert de Heer, un Néerlandais établi depuis deux ans en Suisse. Basé su Google earth, le site www.swisstrains.ch permet de suivre le mouvement de tous les trains.

L'auteur a d'abord du dessiner à la main toutes les lignes de chemin de fer. On tape le nom d'une gare. Les trains circulant à proximité sont représentés par des points rouges qui indiquent où les rames se trouvent à l'instant présent. Lorsque le curseur est placé sur le point, le numéro du train, sa destination et sa vitesse apparaissent.

Pour trouver une autre gare, utilisez le bouton "actualiser" de votre barre d'outil. Une fenêtre s'ouvre avec les trains en partance ou à destination de la gare en question. Summum du plaisir: après avoir cliqué sur un train de la liste puis sur le bouton *follow*, la rame se déplace dans le paysage grâce aux photos aériennes! La rampe Nord depuis Erstfeld et ses tunnels hélicoïdaux, un régal...

Les déplacements suivent l'horaire. Dans un prochain temps, les trains devraient se déplacer en temps réel grâce aux GPS des trains des CFF!

Que du plaisir et un bel instrument didactique! Utile au photographe ferroviphile...

(image un brin insolite prise au centre de formation CFF, Löwenberg)CffLytta 015.jpg

10:00 Publié dans ferrovipathes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cff, swisstrains | |  Facebook |

05/02/2009

Photos anonymes

On passe sa vie à compenser son enfance, à regarder partir des trains que l'on ne prendra pas.

"Le Temps nous égare Le Temps nous étreint

  Le Temps nous est gare Le Temps nous étreint"          (Prévert)

J'aime ces photos anonymes, miraculeusement sauvées. J'aime à croire qu'elles ont été réalisées par ce grand amateur croisé dans un EMS. Atteint de la maladie d'Alzheimer, il a laissé tomber tous ses clichés. Ils pourraient bien être antérieurs à 1969: la dernière BR 18 ayant été réformée le 3 décembre 1969. Une série de vingt machines ayant tracté le légendaire RHEINGOLD.

La machine diesel, conçue en 1953, symbolise le miracle économique allemand. On la reverra plus tard sous les couleurs des CFF ou en Grèce. Ce type de machine circule encore sur certaines lignes italiennes.

222.JPG
Dans quelle gare, cette belle exihibition de machines allemandes,à la fin des années 60? La seconde photo a été prise en gare d'Orbe avec un curieux fourgon automoteur dont on trouvera sans doute la description dans un ouvrage édité par le BVA (bureau vaudois d'adresses!)
21.JPG

16:40 Publié dans ferrovipathes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photo, br 18, db, oc | |  Facebook |

03/02/2009

Aphorisme anachronique

...totalement hors de propos entre Lausanne et Genève. Mais qu'elle est belle cette affiche des CFF de 1944! Quant à la question de Marcel Duchamp, elle appartient définitivement au surréalisme!

Faut-il réagir contre la paresse des voies ferrées entre deux passages de trains?

3aa.JPG

00:53 Publié dans ferrovipathes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cff | |  Facebook |