28/10/2008

Le monde rajeunit

 bellerive 018_edited.jpg  Le monde rajeunit quand on vieillit.

Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait...

porter un regard neuf sur le monde, celui-ci se porterait mieux!

Sans regrets, sans nostalgie, voir que le "bon vieux temps" n'est qu'une chimère

et qu'il suffit parfois d'un mot pour changer l'histoire...

Faire une chimère de soi, animal merveilleux qui nous représente et nous identifie.

Parce que les hommes sans histoire ont une âme dispersée.

"Comme tout animal, la chimère évolue,  elle prend des formes différentes selon les moments, elle s'accorde aux personnes qu'elle rencontre et aux contextes culturels dans lesquels elle vagabonde". (*)

Le temps est un grand maître (qui ne tue pas ses élèves!) dans le moment présent. Il suffit de regarder autour de soi ce beau dimanche sur l'esplanade de la Cathédrale. Et au-delà. Je trouve très bien ce monde qui rajeunit!

 Privilège de l'âge dans ce bonheur de vieillir qui nous permet d'entrevoir un monde différent. Comme la fabrication d'un récit remplissant "le vide de nos origines qui troublait notre identité". Et qui nous permet de voir un monde meilleur que celui qui se déroule dans les informations du jour, qui, elles aussi, troublent notre identité...

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(*) La chimère, ventre d'un taureaux, ailes d'un aigle et pattes de lion (un véritable Lego) est au centre du dernier ouvrage de Boris Cyrulnik
Autobiographie d'un Epouvantail.  
Super intéressant. Il nous invite à écrire sa propre chimère autobiographique. "quand le réel est flou, la parole est incertaine". 
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23/10/2008

De l'urbanité exquise du Wattman (2)

wattman.jpgJ'ai vérifié. Le wattman n'est pas mort. Il figure encore dans le dernier Petit Larousse. Un adorable wattman anonyme est complimenté dans les genevoiseries de Julie . Marcel Proust dans le Temps retrouvé risque sa peau sur les rails d'un tramway malgré les coups de sonnette. Le cri du wattman le ramène à la réalité; enfin pas totalement puisqu'il reste figé sous les rires des wattmen.

Et pourquoi pas des wattmans, comme cela doit s'écrire depuis? Le mot est français. En anglais ont dit motormen. Pour éviter tout risque de confusion, les Canadiens les appellent des gardes-moteur. Et selon mes souvenirs de la ligne 9, de Renens à Lutry, les "tramelots" faisaient humblement le même travail. De nos jours, les wattmans (et wattwomans) se rencontrent surtout dans les fiches du travail intérimaire de l'A.N.P.E est dans les annales de jurisprudence lorsqu'ile commettent des abus qualifiés de priorité. 

Quant à Mistinguett, née au 5 de la rue du Chemin-de-Fer à Enghien-les-Bains en 1875 ( six ans avant le premier tram électrique du monde à Berlin, sans lequel le wattman n'existerait pas ) elle repose au cimetière de la même ville depuis 1956.

"Ah!"... les histoires de Gilles sous l'oeil émerveillé d'Urfer. Tirées en longueur avec les gestes. Asservi au rails, tout l'art du conducteur est une affaire de freinage et de défreinage. Il y a ce professeur d'Université bien mis qui a l'habitude de monter à l'avant de la motrice. Selon la mise en garde émaillée, il est interdit de parler au conducteur durant la marche. Mais au bout de quelques mois, sinon d'années de parcours communs, le dialogue s'installe et notre tramelot demande, au cours d'un ultime freinage, à Monsieur le professeur si ce n'est pas ennuyeux de faire toujours le même métier...

Les rires aux Faux-Nez se sont tus.  Les cyclistes ayant chuté sur des rails de trams se souviennent, mais la majorité des passagers du M2 risquent d'être imperméables à ce genre d'humour!

Gilles racontait aussi l'histoire du gars de Pully se trouvant à Moscou et qui. pris par le mal du pays, se rend au guichet pour le billet de retour. L'employé lui demande: "Pully Nord ou Pully Village?"

 RolleiiOne 068.jpgC'eut pu être un type de Corcelles p.P. , localité avantagée par ses deux  vraies gares. Il y a quelques jours, je me trouvais aux abords de celle de Corcelles Nord,  nommée la "longitudinale" avant d'être incorporée aux CFF. Non loin de là, un garde-meubles venant de casser sa pipe, se déroulait un vaste vide-grenier.

Dans cet énorme bric-à-brac,  sur un banc d'école sur lequel est gravé  "nous sommes en 1942", de vieux 78 tours sont entassés. Et des caisses de livres poussiéreux.

Mom oeil est attiré par L'Etape libératrice (au Soleil et sur les Monts) et ses 565 héliogravures.

                               (à suivre)

22/10/2008

Ecouter comme un arbre...

 vaut mieux que tout. Je ne sais pas quel homme avisé a dit cela. Mais c'est bien Christian Bobin qui nous  rappelle des paroles de circonstance:

Les nouvelles sont comme les feuilles d'automne. Le vent qui les porte les malmène.

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20/10/2008

Des trams rien que des trams

blonaybernina 082_edited.jpgPour une histoire de portes ouvertes, je me suis égaré  dans des considérations livresques fort éloignées du but de mon excursion. A savoir la ligne sanctuarisée du Blonay-Chamby où les trams circulent présentement avec une vitalité retrouvée.

(Sanctuaire: Fig. espace inviolable, asile selon le Petit Larousse). Bref, le dépôt de Chaulin nous livre de belles images. Celles d`'Urs Achermann que l'on peut contempler à partir de la page suivante sont simplement magnifiques:

http://www.blonay-chamby.ch:16080/bc3/news-bc/ 

On se réjouit déjà de retrouver ces anciennes à la prochaine saison. Pour ma part, je me contente de vous présenter ce tram joratois nostalgique.blonaybernina 063.jpg

19/10/2008

De l'urbanité exquise du wattman

Quand Gilbert Salem se plonge dans le Petit Larousse 2009, Inma Abbet s'interroge comme ceci: " Dans 'La vie mode d'emploi', il y avait un personnage, Cinoc, qui était 'tueur de mots', c'est-à-dire chargé d'éliminer les expressions hors d'usage des nouveaux dictionnaires. Je me demande ce que deviendront les nouveaux mots du Larousse 2009 dans, disons, dix ans. Et je serais aussi curieuse de connaître la vitesse à laquelle les mots disparaissent, de la langue, puis du dictionnaire."

Question fort pertinente et aisément "googlesisable" dans le futur puisqu'il est question de vitesse, de mesure. Inma n'est pas sans savoir que les définitions des dictionnaires sont des informations qui tendent à quitter le domaine public pour être brevetisées (tendance peut-être inversée par Wikipedia). Que faire des mots perdus, sinon les mettre dans un sanctuaire comme les gorilles ou les loutres?

En cas de convenance, le dit sanctuaire devra être enregistré auprès de la Propriété intellectuelle. Par ailleurs, vous n'êtes pas sans savoir, chère Madame, que l'écriture, le sens, la traduction ne se limitent pas au "mot juste". Des livres, rien que des livres... en guise de sanctuaire. Je n'ai pas votre belle plume et je manie à peine la souris. Pour preuve, un récent clic m'amena aux langueurs tant espérées. Espérance qui fut réduite à 30 centimètres (pour un collier) et à 72 centimètres (pour une minable commode) au clic suivant. Cruelle déconvenue pour un barbarisme pourtant weit verbreitet. Lang ce n'est pas long! Même si les langueurs se traìnent en longueur.

Suivant la maxime tard pour bar, c'est moi qui suis trop long et qui va manquer mon tram. Encore un p'tit coup pour la route. Et un dernier pour célébrer l'appartenance de la Suisse à la Francophonie... Les trams modernes sans conducteur ne nous attendent pas de toute façon et Tennessee Williams, serait-il encore capable d'écrire Un Tramway nommé Désir? Quant à mes pauvres loutres (modérées), données en spectacle au Seetüüfel bei Biel, elles sont bien moins belles que les vôtres (apprivoisées).

J'ai raté mon tram, de ma faute. Les mots, c'est comme les transports publics: on ne fait que les emprunter. Je finirai bien par les rendre...      to whom it may concern...seeteufel+flred 050.jpg