28/08/2008

Presse futile

 111_edited.JPGPresse futile, presse inutile. Titre de l'ouvrage de Roger de Diesbach (Slatkine 2007) dont les 470 pages m'ont accompagné cet été. Mémoires d' un " baroudeur-vagabond curieux de tout" ... aimant aller au fond de choses. Une lecture qui permet de se plonger dans une histoire récente loin d'être achevée. Que ce soit sur la frilosité de la grande multinationale veveysanne ou celle de la Grande Muette, des articles actuels montrent que le journalisme d'investigation a encore un bel avenir. Certes, l'affaire Jeanmaire, ce n'est pas celle de Roland Nef...

Le terme de baroudeur, employé par Pierre Châtel dans la préface, me semble bien imagé. Dans une course cycliste, le baroudeur est celui qui fait l'animation et l'intérêt de l'étape et qui pourtant n'en tire ni gloire ni or.

On sait de quoi est fait le nerf de la guerre. Les lignes portant sur Edipresse, l'incontournable géant (page 465) sont devenues très actuelles...

En parcourant le quotidien auquel je suis abonné, je m'étais fait d'étranges réflexions. De quoi sera-t-il fait pendant le "creux de l'été" 2009 sans les quatre, cinq pages sur l'Euro ou les JO? Avez-vous remarqué que la taille des photos, mauvais présage, augmentait au détriment du contenu rédactionnel? Quant à la publicité dans la presse écrite, elle n'a guère profité de ces événements majeurs.

Le sondage lecteurs de 24 Heures de mardi 26 août confirme mon sentiment: les charmes de Pékin et du sport n'ont pas convaincu. Nous sommes des consommateurs captifs de la radio et de la télévision (merci Billag!). La presse écrite a du mal à garder ses abonnés (merci pour les gratuits!).

Que faire? Mettre un autocollant sur ma boîte à lettres "Pas de publicité" afin de sensibiliser les annonceurs qui, au-delà d'une vision à court terme trompeuse, ont aussi une responsabilité.

"La liberté de presse, soeur de la démocratie". Deux concepts à tendance hélas obsolète. A qui la faute?

Le devoir d'information, ce n'est pas ringard!

Selon notre auteur, les journalistes sont les chargés de transparence de leurs lecteurs.

RolleiiOne 022_edited.jpg Fribourg, 4 juin 2008

19:17 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : médias, edipresse | |  Facebook |

Commentaires

Un bouquin de 470 pages?
Mais alors, ce livre est épais!... Et plus c'est épais plus la transparence est faible! Dès lors il est aussi possible de dire que si un écrit est transparent, c'est que les arguments sont bien minces!

Tout le problème est là: le "marketing" des groupes de presse s'imaginent que personne ne veut lire de l' "épais", celui qui fait réfléchir. Les journalistes sont donc obligés de pondre du "mince". Les lecteurs perdent l'habitude de réfléchir... et le jour où ils devraient le faire, malgré tout, ils râlent parce qu'ils ne savent plus réfléchir.
Ce qui permet au "marketing" de dire: "Voyez! Nous avions raison!"

Écrit par : Père Siffleur | 29/08/2008

CQFD.

Écrit par : blagueur | 29/08/2008

vous l'avez lu, ce livre, inconnu blagueur ? L'épaisseur ne se mesure pas en nombre de pages et si vous voulez constater la minceur des arguments, suivez Ceppi sur Temps Présent : il est aussi nul que les autres. Démolir, c'est à la portée de tout le monde, quoi de plus facile ? Presse futile ? Certes ! Livre futile ? Complétement...
(Résumé : A bas la Suisse, à bas l'armée, à bas le capitalisme...)

Écrit par : Géo | 29/08/2008

Je l'ai lu et je vous concède, qu'en tant que lecture estivale, il y a mieux que ce livre qui a failli ne pas paraître. Je ne suis pas là pour défendre l'auteur. On se contentera donc d'admirer la belle couverture de Roger Pfund. Et pour s'épargner une épaisse lecture, il est possible de réécouter sur la RSR, l'émission Médialogue du 12 novembre 2007.
Quant à votre résumé, heureusement mis entre parenthèses, je le trouve un peu mince. De quoi donner entièrement raison à Père Siffleur!

Écrit par : blagueur | 29/08/2008

"Parmi les désirs, les uns sont naturels et nécessaires,les autres naturels et non nécessaires, et les autres ni naturels ni nécessaires, mais l'effet d'opinions creuses."

Une pensée d'Epicure qui devrait mettre tout le monde d'accord. A l'époque, il n'y avait pas de marketing...

Écrit par : blagueur | 29/08/2008

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